14/04/2008

Les traces des Wisigoths


Les ruines de l’ancienne Recópolis, ville fondée en 578 par le roi wisigoth Léovigild, témoignent de l’essor d’une culture qui s’est développée dans toute l’Hispania romaine pendant presque trois siècles. Les deux villes bâties par ces Goths de l‘ouest, comme on les surnommait (visigodos = west gothen), étaient construites selon les modèles byzantins et incluaient des aqueducs, des églises, des palais, des commerces et des habitations. Issus de la Suède méridionale, les Wisigoths se sont installés d’abord près de la mer Noire, avant de se répandre dans tout l‘empire Romain, comme le faisaient à l’époque d’autres peuples germaniques, comme les Suèves, les Francs ou les Vandales qui, profitant du vide laissé par les armées aux marches de l‘empire, s‘installaient dans les anciennes provinces romaines. Au cours du Ve siècle, les Wisigoths s’établissent dans la péninsule Ibérique et Tolède sera la capitale du royaume. C’était une civilisation brillante, perméable aux influences antiques, qui a préféré le latin à la langue gotique, une civilisation pourtant instable, constamment secouée par les guerres. L’image traditionnelle des Wisigoths leur donne souvent le rôle d’envahisseurs barbares. Ils étaient certes des guerriers, mais il y avait parmi eux des savants, des écrivains, (comme Isidore de Séville, auteur des Étymologies) des architectes, des sculpteurs et des orfèvres (comme les auteurs des couronnes votives du trésor de Guarrazar). Les restes de l’ancienne basilique de Recópolis montrent dans l’architecture les particularités du culte arien, religion qui niait le caractère divin du Christ, et qui isolait les Wisigoths du reste de la population hispanique chrétienne. En 589 le roi Reccared se convertit au christianisme, ce qui mit fin à cette situation et les Wisigoths finirent par être assimilés à la société hispano romaine. Déjà en 654, une loi commune pour tous les habitants du royaume wisigoth était imposée par le roi Receswinthe. Les Lex Romana Wisigothorum, Liber Iudicum, Liber Iudiciorum, Fuero Juzgo ont eu une grande importance dans l’élaboration des lois en Espagne, le Fuero Juzgo continua d’être appliqué en tant que droit local jusqu’au XIXe siècle, où il fut remplacé par le Code Civil, mais il fait toujours partie des lois de certaines régions comme la Navarre, la Catalogne ou le Pays Basque.
Perdue au fond des âges, la culture des Wisigoths est aujourd’hui moins oubliée qu’on ne le croirait de prime abord, car leur langue est restée en espagnol sous la forme de toponymes, de patronymes et de toute une série de mots de la vie quotidienne.


Le lexique

La culture wisigothe étant d’essence guerrière, beaucoup de mots qui évoquent le combat ou la guerre en espagnol sont d’origine germanique : botín, espía, guerra, tregua, yelmo.
Il y a aussi un certain nombre de mots courants : abolengo (ascendance), agas jar (bien accueillir), álamo (peuplier), albergue (auberge), alto (halte), aspa (pale, hélice), banda (bande), bandera (drapeau), bandido (bandit), bastir (bâtir, vieilli), blanco (blanc, mais aussi cible), brecha (brèche), brote (poussée), desmayar (s‘évanouir), esquilar (tondre), estaca (pieu), fresco (frais), galardón (prix, récompense), gastar (dépenser, abîmer), ganar (gagner), ganso, (oie) guante (gant), guardar (conserver, garder), guarecer (abriter), guiar (guider), guisa (guise), heraldo (héraut), podenco (chien), realengo (du domaine royal, vieilli), rico (riche), robar (voler), ropa (vêtements), sala (salle), talar (élaguer, couper un arbre), tapa (couvercle), truncar (briser)

Les noms de lieux
On retrouve dans les toponymes d’origine wisigoth le suffixe enco -engo, -iz ( de -engos, eng ou -ing,) , Aussi, les noms de villes comme Burgos et ses dérivés, Burguillos, Burguete. Aussi Allariz, Adaufa, Adamonte, Revillagodos, Guimar, Godina, Toro, Villatoro, Gudes, Gondomar, entre autres. La région andalouse tient également son nom d’un autre peuple germanique, les vandales (Wandalus : Andalousie)

Les noms de famille les plus courants en Espagne sont d’origine germanique : les Rodriguez, Fernández, Alvarez, Ramírez, González ou Ruiz et, en général, les noms terminés par les suffixe -ez ont comme racine un prénom germanique (sauf, par exemple, Martinez, formé sur Martin, ou Lopez, qui vient du prénom Lope, issu du latin Lupus, loup) Les origines de a terminaison -ez ou -iz, sont assez obscures. Longtemps, elle a été attribuée aux Wisigoths avec une origine patronymique, mais elle pourrait tout aussi bien être issue d’une langue préromaine, ou dériver du suffixe latin -onis, et transformée, par la langue basque -iz, itz, (encore utilisé en basque comme possessif ou modal). Venant de l’euskera, la terminaison aurait été incorporée au castillan ancien grâce à l’influence du royaume de Navarre dans les premiers siècles de la Reconquista, (c‘est aussi en Navarre qu‘on trouve des terminaisons en -iz accolées à des noms qui ne sont pas de souche germanique, comme Aznar/Aznariz ). Les noms germaniques ne sont pas tous d’origine wisigoth et ne sont pas tous arrivés entre le Ve et le VIIe siècle. Ceux qu’on trouve en Catalogne, comme Arnau, Berenguer ou Guillem ont aussi un rapport avec la Reconquête, mais plus tardif, ils datent de l’époque où des chevaliers francs se sont installés dans la péninsule Ibérique, c’est-à-dire à partir du XIe siècle.


Racines germaniques dans quelques noms usuels en Espagne :

AR-MIN/(H)ER-MAN grand, fort : Germán (?)

ARN aigle : Arnau, Arnaldo

ATHAL=ADEL noble, glorieux : Albert, Alberto

BERN ours : Bernard, Bernardez, Bermúdez

BERT brillant : Beltrán, Berto,

FRID/FRIED paix : Fernández, Hernández, Federico

GODS bon : Guzmán, Godoy, Godinez

GUNDE combat : Gutiérrez, Gonzalo, González, Gonzálvez

HAIMA maison : Aymeric (?)

MIR noms terminés par -miro ou -mero : Baldomero

RAGIN conseil : Raimon Reynald Ramirez,

RODE/RED/ROTE/HROD victoire : Eduardo, Roberto, Roger, Rosendo

RIK/RICH/REC(A)/REC(ES) roi, puissant, riche : Riquelme, Rich , Ricardo, Richart,

SAAL salle : Sala

WARJAN guerre : Guerrero, Guerra, Guisado

WEHR défense : Germán, (?)

WILHIA volonté : Guillermo, Guillén, Guiomar.


Commentaires

Alors, PAR, reste à nous expliquer pourquoi vous pensez être d'origine wisigothe ?

Écrit par : Géo | 14/04/2008

Je ne sais pas comment peut-on faire pour déterminer les origines de quelqu'un, surtout quand on veut arriver jusqu'au Moyen-Age. Il y a eu tellement d'archives perdus, brûlés, disparus.

Écrit par : Inma | 15/04/2008

Merci Inma.
C'était une hypothèse de recherche sur la prononciation du patronyme "Rufus" dans la région Provence & Languedoc à l'époque wisigothe, mais elle se révèle peu solide.
Depuis, je suis tombé sur une autre source qui ramène aux premiers Capétiens (si vous avez lu "Les rois maudits" c'est vraiment pas une référence, mais vous me rétorquerez que ceci explique cela...). Maintenant j'épluche les généalogies des Mérovingiens/Carolingiens/Capétiens installés entre 800 et 999 entre Orange, Marseille et Montpellier. Genre Guillaume au Court Nez and Co.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 15/04/2008

Inma,
au-delà d'une certaine époque il ne faut plus considérer les personnes, mais les familles élargies en "tribus", les lignées et les "races" (au sens historique ou dynastique). Même s'il y a beaucoup de mélanges/intégrations au cours des siècles, il reste toujours la trace d'une origine.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 15/04/2008

Cela me rappelle un texte qu'on avait étudié, les Aliscans.
Sinon, il y a le site avec l'arbre généaloqique de deux familles américaines DeLoria et Hurst, (www.deloriahurst.com) qui remonte jusqu'à Guillaume, Charlemagne et bien d'autres.

Écrit par : Inma | 15/04/2008

Personnellement, je suis souvent surpris par l'aplomb des lettreux étymologistes pour affirmer péremptoirement que tel mot vient de XXXX. Je ne prétends pas que tout ce que vous affirmez est faux, mais j'ai l'impression qu'il y a une bonne part de subjectif dans ces affirmations. Où est le marqueur qui nous indiquerait que "bouélée" du patois d'ici viendrait de "Boè", le cri en grec ???
Je pourrais trouver de nombreux exemples dans vos textes, Inma:
"WEHR défense : Germán, (?)". Comment dit-on "frère" en espagnol ?

Écrit par : Géo | 15/04/2008

Frère : hermano. C'est pour cela que j'ai mis des points d'interrogation sur les étymologies qui ne me semblent pas très claires.

Écrit par : Inma | 15/04/2008

En fait de généalogie, vous avez vu comment la Principauté d'Orange est remontée, depuis l'épouse de Guillaume, jusqu'à l'actuelle famille royale des Pays-Bas ?
Monsieur le Forgeron est de mauvais poil parce qu'on n'utilise pas assez souvent le conditionnel. Nous pourrions le faire. Mais, pourquoi le Grec et non pas une racine indo-européenne commune ?
Les Américains adorent la généalogie et leurs sites sont impressionnants. Mais j'attends aussi le jour proche où l'un deux sortira un arbre remontant à une certaine nuit de Noël à Bethléem.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 15/04/2008

"pourquoi le Grec et non pas une racine indo-européenne commune"
Quels seraient les moyens les plus courts et efficaces pour se cultiver dans ce domaine ? Existe-t-il un "digest" des connaissances actuelles en ce domaine ? Et précisèment, comment les scientifiques linguistes évaluent-ils le degré de justesse de leurs évaluations sur l'origine des mots, s'ils le font ?

Écrit par : Géo | 15/04/2008

Commencez par Wikipedia: c'est comme ça que je me suis initié à la langue des Wisigoths: comme ils ne sont plus très nombreux, il faut bien faire confiance à Wiki.
Il y a aussi de très nombreuses pages consacrées aux différentes familles de langues, avec des références aux racines communes.
Il y a même des informations très utiles sur le franco-provençal de chez nous.
Et si le coeur vous en dit, vous pourrez même devenir expert dans les subtiles différences entre le chinois traditionnel et simplifié (de quoi occuper votre retraite).

Écrit par : Pierre-André Rosset | 15/04/2008

Un même nom peut avoir deux ou trois étymologies possibles. Certains ont été des diminutifs ou des sobriquets avant dêtre des noms de famille. Avant Wikipedia, j'utilisais, et j'utilise toujours plusieurs dictionnaires étymologiques, le dictionnaire de la real academia, le Duden, le Wahrig et le dictionnaire historique de la langue française. Sur Internet on trouve aussi le littré, le trésor, parmi d'autres. Pour les difficulté grammaticales, je me sers du Bon Usage. Cela suffit peut-être à réduire le nombre de bêtises que je peux dire, mais je ne suis jamais à l'abri, et je passe pas mal de temps à vérifier des sources. Concernant la méthode, monsieur l'Orfèvre pourrait aussi consulter les dictionnaires d'ancien français, car la date d'entrée d'un mot dans langue est celle du premier texte où il apparaît (n'importe quel texte, littéraire, juridique, administratif...) Par exemple, le mot "épervier" apparaît dans la chanson de Roland, sous la forme esprevier ; il est d'origine francique, mais personne ne peut dire à quelle date il est devenu d'usage courant, et la date de 1080 ser de borne et de point de départ. C'est approximatif mais ce n'est pas arbitraire. Il faut également une certaine base historique. L'origine germanique de certains noms de famille espagnols s'explique par l'empreinte des Wisigoths, cela peut aider à dater les noms. De même, les toponymes d'origine arabe sont très fréquents dans la région de Valence, mais rarissimes en Catalogne, malgré la proximité linguistique et géographique, et il y a aussi des raisons historiques qui expliquent ces noms. Enfin, il faut être très prudent avec les ressemblances et les préfixes. Un dernier exemple : le nom Gil semble avoir la même étymologie que Gilbert, pourtant, il s'agit de deux origines bien distinctes, le premier étant issu du latin (aegidius), le second d'une langue germanique.

Écrit par : Inma | 15/04/2008

Il y a d'autres dictionnaires tout aussi intéressants: ceux de mots rares & précieux, ceux du français classique (XVIIe), et celui (tout neuf) des mots enlevés du Littré. En 1980, j'avais commencé un dictionnaire des mots disparus, mais depuis, il en sort un chaque année.
Ce qui est trop régional ou antérieur au XVIIe est trop bizarre pour figurer dans un texte actuel.
De plus, il y a le Net:
http://lemotdujour.over-blog.com
http://blog.legardemots.fr
et l'indispensable http://pourpre.com pour un vocabulaire infini sur les couleurs
plus http://www.leconjugueur.com/frorthographe.php qui vous donne une rapide orientation sur des pièges comme la conjugaison des couleurs, des noms composés ou encore des nombres (sans avoir à ouvrir le Grévisse qui fait plus de 1000 pages).

Écrit par : Pierre-André Rosset | 17/04/2008

Bonjour ! Mon patronyme est Amella, et l'on m'a souvent dit qu'il proviendrait d'une lignée wisigothique espagnole... or, notre famille est sicilienne, du moins aussi loin que je m'en souvienne. J'aimerais bien savoir ce qu'il en est vraiment, car cela fait des années que je cherche. Merci à tous par avance de votre (précieuse) aide !!! :))

Écrit par : Amella | 20/04/2008

En Espagne, actuellement, c'est un nom qu'on trouve presque exclusivement en Aragon, à Valence et en Catalogne.
Au XVIIe siècle, le nom s'écrit Amella, Almella ou Almela, les trois variantes existent encore aujourd'hui dans la région de Valence. Ainsi, Le nom pourrait être valencien, et être une orthographe particulière d'ametlla, (issu du latin amygdala) qui veut dire amande en catalan (en espagnol almendra). L'Amella est aussi un toponyme (une plage à 30km de Tarragone). Amélia, diminutif d'Amalberga est un prénom germanique qui pourrait aussi être à l'origine d'Amella, d'autant plus qu'Amella, comme prénom, apparaît déjà au Moyen Âge dans le sud de la France.

Écrit par : Inma Abbet | 20/04/2008

Si vous avez trouvé du plaisir à la lecture de « Da Vinci Code » (2003) ou à celle de son modèle plus ancien « L'Enigme sacrée » (1983), ceci devrait vous faire grimper aux murs.

Alaric 1er, roi des Wisigoths assiégea Rome à deux reprises et en tira un butin considérable. Après sa mort, ses sujets ne parvinrent pas à un accord sur le choix du successeur et un grand nombre de dissidents (environ 40'000) s’enfuirent en emportant un grande partie du trésor. Pour échapper à leurs poursuivants, ils vinrent s’établir sur le site de Radaès dont ils firent leur capitale.

Cet endroit devait connaître la célébrité longtemps après sous le double nom de Rennes-le-Château et Rennes-les Bains. Vous vous souvenez que l’abbé Béranger Saunier y aurait trouvé un trésor fabuleux dont il fit grande largesse, en effectuant des travaux dans l’église où quelques parties remontent à l’époque wisigothe.

Pour marquer le nouveau millénaire, il a été décidé en France de concrétiser physiquement l’ancien méridien zéro, dit aussi Méridienne de Paris. Cette ligne, dont l’origine est mythique, fut aussi appelée Ligne Rouge, Rousse, ou encore Rose-Line et traverse le pays de Dunkerque à Prats de Mollo (Pyrénées). Mais on remarque qu’elle passe également par Rennes-le-Château, où l’on célébrait la Sainte-Roseline le 17 janvier.

Pour ajouter un peu de trouble dans vos esprits, il faut encore signaler que le cardinal André-Hercule de Fleury, premier-ministre de Louis XV, a participé en 1681 à Rennes-le-Château, à la création du Prieuré de Sion cher à Dan Brown. Son petit-neveu André-Hercule de Rosset, marquis de Rocozel et Pérignan, devient grand-maître du Prieuré de Sion en 1726 puis, à la mort du cardinal, possesseur du duché-pairie de Fleury et héritier des étranges mines du Roc Nègre.

Mais ceci nous amènerait à un autre secret, que se sont successivement transmises les familles de Nigri, de Voisin, de Maquefaye, d’Hautpoul en enfin de Fleury, à propos des Templiers, et c’est suffisant pour aujourd’hui.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 21/04/2008

Je n'avais pas lu "L'Enigme sacrée", mais toutes les histoires de "Da Vinci Code" étaient déjà dans "Le Pendule de Foucault" qui, contrairement au précedent, était un livre très drôle. Le film tiré de "Da Vinci..." n'était qu'une suite interminable de clichés politiquement correctes et d'affabulations diverses.

Écrit par : Inma Abbet | 21/04/2008

La seule énigme dans cette histoire est pour moi la suivante : comment un tel ramassis de bêtises peut devenir un roman vendu à plusieurs millions d'exemplaires?

Écrit par : Inma Abbet | 21/04/2008

Ca fait partie du goût de l'esprit humain à la révélation de choses cachées et d'un besoin de croyance, "qui peut prendre la forme plutôt pittoresque de crédulités, de superstitions, d'occultisme, de paranormal, bref d'une quincaillerie mentale qui prolifère aujourd'hui" (J.-Cl. Guillebaud in "La force de conviction").

Ainsi, tout ce que j'ai raconté plus haut est véridique pris séparément. Mais arrangé de cette façon, ça peut donner l'apparence d'un enchaînement logique et constituer une preuve.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 21/04/2008

J'ai la réponse à ma question... C'est aussi le "raisonnement" par analogie. Malheureusement, des gens en apparence éduqués et cultivés peuvent être contaminés par la superstition.

Écrit par : Inma Abbet | 21/04/2008

Une explication chez Jung, peut-être : il y a les introvertis et les extravertis, dans les domaines de la sensation, du sentiment, de l'intellect et de l'intuition. Les gens de l'intuition et de la sensation se sentent peut-être parfois brimés et quittent (un peu) les rivages sûrs du rationnalisme...?

Écrit par : Géo | 21/04/2008

Et la corollaire est que des gens éduqués et cultivés savent aussi employer les moyens pour introduire la superstition.... (excellent article à propos de la "manipulation mentale" sur Wikipedia).

Écrit par : Pierre-André Rosset | 21/04/2008

Pour avoir beaucoup souffert il y a longtemps, du comportement de quelques personnes superstitieuses, je crains une grande partialité de mon côté dans ce domaine. Les seuls mots qui me viennent à l'esprit sont égoïsme et barbarie, la superstition n'est pas seulement la répétition de quelques rituels vides de tout sens, mais aussi un désir d'emprise sur les autres, de les voir obéir à des caprices incongrus concernant les dates, les nombres, les couleurs.

Écrit par : Inma Abbet | 21/04/2008

Oui, je l'ai lu, merci :-) ; ma technique préférée est celle de la porte dans le nez!

Écrit par : Inma Abbet | 21/04/2008

"de les voir obéir à des caprices incongrus concernant les dates, les nombres, les couleurs."
Une jeune femme expliquait dans une émission scientifique que depuis toujours elle associait les chiffres avec les couleurs et que cela lui permettait de calculer très vite...
?

Écrit par : Géo | 21/04/2008

J’ai l’habitude d’additionner les chiffres qu’on voit sur les plaques d’immatriculation des voitures que je croise dans la rue jusqu‘à arriver à un nombre entre 1 et 9, c’est un petit jeu et j’essaie de faire l’addition avant que la voiture soit loin, donc il faut faire vite. Mais ce n’est qu’une manière de m’amuser. En revanche, je connais des gens qui ne supportent pas qu’on s’habille en une certaine couleur en leur présence, ou qu’on prononce certains mots (qui peuvent être parfaitement banals, pas des mots obscènes ou choquants), ou qu’on voyage tel ou tel jour dans la semaine ou le mois. Ils ne font pas cela seulement pour eux, mais imposent leurs obsessions à tout leur entourage, et tout cela commence avec des petites superstitions…

Écrit par : Inma Abbet | 21/04/2008

Mais cela doit être un peu comme avec l'alcool. La plupart de ceux qui boivent quelques verres de temps en temps ne deviennent pas alcooliques pour autant. Ceux qui lisent des horoscopes ne développent pas forcément des obsessions avec les nombres et les dates de naissance ; d'autres le font, et j'ignore pourquoi.

Écrit par : Inma Abbet | 21/04/2008

Jung était asiatique dans l'âme.
Plus près de nous, vous aviez la Weltanschauung romantique allemande critiquée par Hegel (la pensée crée le monde), puis renversée par Marx (l'humain pense l'humain pour l'humain et non plus pour la pensée).
Je préfère quand même les chinoiseries; croyez pas ?

Écrit par : Pierre-André Rosset | 22/04/2008

Géo > peut etre la lecture de Georges Dumezil et de Franz Bopp ( plus ancien que le premier) peuvent vous orienter dans ce domaine.

Écrit par : Calu Schwab | 24/04/2008

Inma, il faut se rappeler (par souci historique)que les Wisigoths arrivent en "espagne" pour rétablir l'autorité romaine (suite aux invasions des Suetes,Vandales et Alains). Le roi Théodoric, vint en 455-456, "pacifier" la Tarraconaise au nom de l'empire romain, c'est son successeur Euric qui rompt le traité qui les liaient à Rome.

Écrit par : Calu Schwab | 24/04/2008

Merci cousin Calu.
Euric a épousé la soeur de Mérovée: c'est le début du grand melting pot charnel qui va unir étroitement les Wisigoths, les Mérovingiens, les Carolingiens, les Capétiens, les Othoniens, les Rodolphiens, les Conradiens, etc., etc.
En conséquence de quoi nous somme tous parents.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 24/04/2008

Cela me rappelle quelque chose, un des premiers traducteurs de Don Quichotte, et des Nouvelles exemplaires de Cervantes s'appelait François de Rosset. C'était peut-être un parent à vous.

Écrit par : Inma Abbet | 24/04/2008

Même tribu, Inma. Raison pour laquelle je scrute ce qui s'est passé en Provence et Languedoc entre le 8e et le 10e siècle, pour fixer les premiers épisodes de la saga.

Il y a eu plusieurs François de Rosset dans la région, ce qui a provoqué quelques confusions. D'autant plus qu'il y a eu les Guerres de Religion et qu'ils pouvaient appartenir à l'un ou l'autre camp. On dit parfois que l'auteur des "Histoires tragiques" est né en Provence; mais selon une étude consacrée aux traductions françaises des "Novelas" de Cervantès, il a plus probablement vu le jour en Avignon (ou même Uzès) vers 1570 et serait mort dans cette ville vers 1619.

Écrit par : Pierre-André Rosset | 24/04/2008

Yeah, you got it, man....

Écrit par : Telogan | 12/10/2008

Je sais que Brassens est un nom ou un mot wisigoth. Que vuet-il dire?

Écrit par : Barthès | 22/10/2008

Rien du tout, cher Roland, puisque tous les noms se terminant par le suffixe -ens sont d'origine Celte d'influence Burgonde, mais en tous cas pas Wisigothe.

Écrit par : Pire Souffleur | 23/10/2008

"ou dériver du suffixe latin -onis, et transformée, par la langue basque -iz, itz, (encore utilisé en basque comme possessif ou modal). "

je n'y crois pas personnellement,le basque aurait mis une voyelle à la suite!
iz izé
itz itzé.
Aznar/Aznariz le basque aurait fait Aznarizé mais ça ne colle pas dans le sens possessif, pour avoir ce sens on dirait Aznarena = possession de Aznar. Quoique on pourrait dire Aznarizena? Il se peut que des scribes ne comprenant pas le basque aient simplifié en Aznariz mais je n'y crois pas trop.

Uztaritz en Eskuara c'est Uztaritzé , suffixe tzé = beaucoup de
idem pour Izturitzé, Garruzé= Garris (peut etre Carrasa de l'itinéraire d'Antonin sur la voie Astorga Burdigala), Armendaritzé...
ambiguïté en Euskara Akizé = Dax .
j'ai mis des accents pour la compréhension .

Bonne soirée
martin

Écrit par : Bachoc | 02/01/2009

Je suis sidéré dans le déroulé de cette discussion par l'omission (volontaire?) de la capitale historique des Goths au 4e siècle: Tholos. Les plus récentes recherches archéologiques sur les sites de l'immense palais royal bâti en bord de Garonne et un nombre considérable de bijoux, poteries, monnaies, armes, vestiges, trouvés -et désormais dûment répertoriés- à l'occasion des fouilles lancées lors du chantier du métro ont permis en parallèle avec l'ouverture des archives des Pays de l'Est, de remettre en perspective l'histoire de ce peuple du sud-ouest de la France actuelle. Ces découvertes nouvelles attestent de l'empreinte décisive des Goths sur la grande cité Aquitaine, dont ils avaient fait une puissante capitale en conservant entretenant et étendant toutes les infrastructures du génie civil romain (routes, aqueducs et égoûts). Les Francs civilisateurs ont brutalement mis fin au rayonnement de cette florissante cité en la pillant et l'incendiant en 508, hors de tout conflit ( traces archéologiques à l'appui). Les armées Gothes qui avaient stoppé Attila dans les champs Catalauniques venaient de Toulouse. Et le général romain Aetius qui fut le stratège de la bataille épousa plus tard une princesse toulousaine. Le royaume de Toulouse avait depuis le début de l'installation gothique en pays toulousain la main mise sur la péninsule ibérique. Le royaume de Tolède n'est qu'un avatar de la curieuse défaite de Vouillé ( Il suffit de se rendre à Tolède pour le lire sur n'importe quelle brochure du syndicat d'initiative) . 40000 personnes, refusant l'allégeance aux Francs en vertu du combat des chefs gagné par Clovis contre Alaric II, ont quitté Toulouse et sa région pour se mettre "tra los montes", hors de portée d'une administration Franque désormais incarnée par Eudes, comte de Toulouse et duc d'Aquitaine et qui n'avait guère à ce moment là les moyens militaires de s'y opposer et de hasarder des troupes aux lisières de la "frontière sauvage". Mais 40 000 personnes, comme vous pourrez sans doute l'apprendre dans de futurs ouvrages sur les Goths de Toulouse consécutifs aux dernières et importantes campagnes archéologiques évoquées précédemment, c'était -même pour l'époque- très peu par rapport à l'importance démographique du peuple Goth installé depuis le début du 5e siècle dans l'Aquitaine romaine. Et si vous voulez chercher des traces toponymiques de ces gens-là, il n'est pas nécessaire de franchir les Pyrénées: les campagnes languedociennes et gasconnes en regorgent. Contrairement aux gaulois, ce sont bien nos ancêtres.

Écrit par : aigwinn | 02/08/2009

salut! sympa ce blog,merci .

Écrit par : barquita | 31/01/2010

Bonjour,
Ce nom, peut s'écrire GOUMY aussi et est issu de la creuse, il est très proche des noms wisigothique espagnols (GOMEZ GOMIS)- Ces wisigoths seraient restés en aquitaine primaire après la bataille de Vouillé - Mon père m'avait dit qu'en Argot poitevin du 19 ème ce nom signifiait matraque -

Écrit par : GOUMIS | 01/05/2011

Bonjour,
Ce nom, peut s'écrire GOUMY aussi et est issu de la creuse, il est très proche des noms wisigothique espagnols (GOMEZ GOMIS)- Ces wisigoths seraient restés en aquitaine primaire après la bataille de Vouillé - Mon père m'avait dit qu'en Argot poitevin du 19 ème ce nom signifiait matraque -

Écrit par : GOUMIS | 01/05/2011

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