23/09/2008

Des voyages et des valises

Partez, il est à cette heure après minuit, laissez-nous dormir et vous en allez.*

Excès de bagage. Avant de partir, il est tentant de prendre avec soi des fragments de vie quotidienne, des livres, des vêtements, des cosmétiques, le tout à profusion, comme s’il était impossible d’en trouver ailleurs. Les valises deviennent ainsi des boucliers dérisoires censés nous protéger du dépaysement. L’excès de bagage peut-être considéré comme un anti-récit de voyage en lui-même, car il y a toute une histoire sensorielle dans les replis des pulls bien chauds qui dorment au fond d’une valise tout au long d’un séjour automnal en Andalousie, un refus du climat et une incompréhension voulue du monde extérieur, comme si sortir voulait aussi dire s’isoler et les objets devenaient des preuves palpables d’introspection. Ce poids dont on se débarrasse volontiers est relativement peu exploité en littérature. La malle ou le coffre sont des objets mystérieux et nostalgiques à souhait, surtout quand ils sont pourvus d’étiquettes exotiques, lointaines traces d’un art de vivre disparu ; le sac à dos tient à la fois de la carapace et de la chrysalide, tandis que la valise moderne n’est énigmatique qu’avec le soupçon d’un contenu dangereux. Les bagages en excès ralentissent les péripéties. Je suis sensible aux récits de détresse, aux voyages sans buts et sans leçons à retenir, sans rencontres bouleversantes ; aux chemins où l’on est seul et on traîne ses vieilles habitudes, inutiles sur place comme ailleurs, au mouvement perpétuel à l’intérieur d’un labyrinthe hostile qui, malgré un décor grandiose ou délicat, est loin du jardin parfaitement délimité, de l’hortus conclusus de l’imagerie médiévale et classique. Le roman de Paul Bowles The Sheltering Sky (Un Thé au Sahara en français) raconte un de ces parcours uniques. Un couple d’artistes en pleine crise, Kit et Port Moresby, traversent l’Afrique du Nord en compagnie d’un de leurs amis, Tunner, qui a eu une aventure avec Kit. Au milieu du désert, Port tombe malade et meurt, laissant Kit seule, qui commence alors à dériver vers le sud à mesure que sa lucidité disparaît, devient un corps laissé à lui-même dans une sorte de léthargie et d’éloignement, subit des viols. Elle finira enfermée dans une maison, où son dernier amant l’a conduite, avant de rentrer à Tanger toute passion éteinte, tout avenir disparu. Dans ce roman, le désert est le catalyseur d’un désastre prévu, un lieu dur, où l’émotion devient vite incongrue, où les habitants sont inhospitaliers et leur comportement un mélange de cruauté et d’indifférence. Pour les personnages sophistiqués de Bowles, le déplacement en milieu désertique ressemble beaucoup à un enlisement.
Au XVIIe siècle, le désert ne possédait pas la connotation géographique ou climatique que nous lui connaissons. Le mot désignait simplement un lieu solitaire, une zone inhabitée qui pouvait tout aussi bien être une forêt. Ainsi, dans Le Misanthrope, Alceste voudrait emmener Célimène dans un désert, c’est-à-dire, loin des ragots, de l’hypocrisie et des jeux de société dont il ne comprend le sens. Le désert était alors un endroit sans les encombrements du paraître, un endroit propice au bonheur.

*Paroles adressées par un paysan anonyme au duc de Bourgogne Philippe le Bon. Celui-ci, égaré dans une forêt près de Bruxelles, frappait à la porte de sa chaumière à une heure indue.

Commentaires

Bel éloge du départ constant. Mais voyager léger est peut-être moins dépaysant et aventureux que ne l'étaient les voyages où l'on emportait tout son mobilier et ses habits avec soi. Je suis démodé, mais j'envie un peu ceux qui partaient voir des amis à Duino ou à Nice pendant trois mois, changeant de toilettes deux fois par jour. Evidemment, il y fallait de l'argent. Mais rêvons.

(Sinon, suggestion: faire de plus petits paragraphes. Ces pâtés sont un peu décourageants...)

Écrit par : david laufer | 23/09/2008

Pour un séjour long, c'était plus compréhensible d'organiser un petit déménagement. D'autant plus que cela ne se passait pas dans la solitude et que de nombreuses personnes pouvaient être responsables des bagages en excès, qui devenaient ainsi moins encombrants. Lorsqu'on arrivait au lieu de destination, on retrouvait les connaissances parisiennes ou londoniennes et tout ce petit monde pouvait recommencer à fonctionner comme si l'unité de lieu n'avait pas été rompue. Certaines de ces habitudes de voyage sont plus ou moins restées, comme la capacité des Anglais à reconstituer des microsociétés n'importe où dans le monde, qui m'a toujours étonnée.
Je suis en train de lire deux livres sur le sujet du voyage : "Voyager au Moyen Age" de Jean Verdon, et "Touristes du Grand Siècle", de François Brizay. Il est intéressant d'observer que le voyage en solitaire, ou presque en solitaire, ne se développe qu'au XVIIIe siècle, à l'époque du "Grand Tour", qui est aussi l'époque où les déplacements individuels commencent à être plus culturels que guerriers.

Pour les paragraphes, je les délimiterai mieux la prochaine fois en faisant mes copier/coller depuis word.

Écrit par : Inma Abbet | 23/09/2008

Oui, partir les mains dans les poches! Mais prends un sac à dos avec toi!

Un sac à dos qui permettra d'y fourrer des "babioles", ces repères qui, une fois rentré chez soi, permettrons de refaire le voyage. Ici, "babioles" est tout le contraire de "souvenirs". Un "souvenir", c'est ce truc immonde que tu achètes en Amérique du Sud et qui, lorsque tu le retournes, t'indique avoir été fabriqué à Taïwan. La "babiole", elle, n'est qu'un catalyseur de rêve. Celui d'un rêve vécu.
C'est la feuille d'un arbre bizarre et biscornu que tu as vu au travers ce couché du soleil à ... . C'est le caillou presque sphérique de cette plage où tu as rencontré des êtres vraiment vivants, avec qui tu as ri tout une nuit autour d'un feu, en ne discutant que par signe et petits dessins, leur langue t'étant totalement étrangère (uniquement leur lanque). C'est l'étiquette de ce vin inconnu, bu en belle compagnie et qui t'a fait voir la face cachée de la lune. C'est le plan de cette ville improbable, où, dans un hôtel délabré, un soir au souper, un couple est descendu, lui en habit et monocle, elle en robe du soir et collier de perles. C'est cette graine que tu as mise en terre et qui, aujourd'hui, encombre ton salon sous la forme d'un "baobab". C'est... ce que tu voudras que ce fût!

Bon voyage!

Écrit par : Père Siffleur | 23/09/2008

Mais le voyage est aussi un art qui commence avec les bagages et qui se termine par une organisation méticuleuse. Après, on peut se laisser glisser le long de la surface du globe avec toute la béatitude que procure la sensation de surfer sur l'espace-temps.

J'ai longtemps limité ma maison à l'espace de quelques valises, de façon à pouvoir l'emmener partout avec moi. Pour des voyages au long cours le minimum peut déjà représenter un maximum. Et même pour de courts séjours, il peut être nécessaire d'emmener des vêtements adaptés à plusieurs saisons, là où le climat est capricieux.

Depuis que je suis devenu (provisoirement) un voyageur en chambre, ce sont surtout les cartes et les guides qui m'encombrent. Mais j'enlève régulièrement la poussière des valises, de façon à anticiper les préparatifs d'un voyage au cas où l'un d'eux passerait tout près de chez moi.

Écrit par : P.A.R. | 23/09/2008

Tiens ! ce matin personne. Je vais enfin pouvoir travailler.

Écrit par : P.A.R. | 25/09/2008

Petit jeu de société:

Si Ulysse était parti avec un excès de bagages, qu'eût-ce été? (C'est juste? Ca sonne bizarre).

Variante intellectuelle pour amateurs de grandes sagas historiques:
Si Géo part en course de patrouille avec du matériel superfétatoire, qu'est-ce qu'il y a en trop dans son paquetage?

Écrit par : Nagolet | 25/09/2008

Sire Nagolet,

Encore une fois, je m'excuse de vous demander pardon!... Mais il était nécessaire que je m'exclamasse!... "superfétatoire" ? N'est-ce pas par trop commun, presque famillier?
Si j'osais, je me permettrais de vous proposer ceci: "surégoratoire" !
De plus, de cette manière, il est plus facile de répondre à votre question concernant le paquetage de Géo: ce qu'il y a en trop dans ce paquetage, c'est son "sur-égo" !
Vous aviez, bien sûr, déjà remarqué que "Géo" est une anagramme, celle d' "égo", mais égo sans trique.

Écrit par : Père Siffleur | 25/09/2008

C'est pas moi qui ai un problème d'ego, PS, c'est vous qui êtes un bouffon. C'est toujours une question de point de vue, les appréciations...

Écrit par : Géo | 25/09/2008

Castor et Pollux,

D'abord nous ne sommes pas dans le cas d'un subjonctif, mais d'un conditionnel passé 1ère forme et on doit écrire "qu'aurait-ce été" (korèsété) ou encore 这令我讨厌 (zhè lìng wǒ tǎo yàn). Mais comme c'est vraiment moche, je vous suggère de le remplacer par "que cela aurait-il pu être" = 我受够了 (wǒ shòu gòu le).

Ensuite, le grade (si durement gagné) de Géo lui permet de se faire suivre par un hélicoptère, plus tout un détachement de Halftracks, quand il participe à une course de patrouille; il part donc avec le strict minimum (tout ça finalement payé par le contribuable).

Écrit par : P.A.R. | 25/09/2008

"该死 (nom d'un chien) !!! La référence de mon quatrième et dernier blog est indiquée au-dessus de la tête d'Inma. Ca me laisse aussi la possibilité de venir jouer dans la cour des autres, non ?"
Si c'est pour ça : "Ensuite, le grade (si durement gagné) de Géo lui permet de se faire suivre par un hélicoptère, plus tout un détachement de Halftracks, quand il participe à une course de patrouille; il part donc avec le strict minimum (tout ça finalement payé par le contribuable).", vous pourriez aussi bien rester dans votre tour d'ivoire...

Écrit par : Géo | 25/09/2008

Ὀδυσσεύς est effectivement parti avec un excès de bagage, ou plus exactement, il a ramassé pas mal de choses tout au long de son périple. C'est pour cela qu'il a mis si longtemps à rentrer chez lui. On ne peut pas s'amuser à mettre dans une valise des sirènes, des sorcières, des cyclopes etc... Heureusement que le cheval est resté à Troie.

Écrit par : Inma Abbet | 25/09/2008

Merci, PAR, de me sauver la mise et en français et en chinois.

En allemand (ma langue maternelle) la formule eût évidemment été plus simple. Cela se dirait: "Was hättet es können werden gewesen sein?" et dans le cas où c'est Ulysse qui parle, on ajoute simplement "bin". Soit: "Wäret es möglich (VIRGULE!) dass ich hätte auf meinem prachtvollem Boot zuviel Tabak, Matrosen, Möbel, Syrenen, Kyklopen, Hoffnung, Barometer, Kakatoes und OlivenOil "àfroid gepresst mitgebracht bin?".

Maintenant, pinailleur comme je vous connais, vous allez peut-être encore trouver quelque chose à redire? (Etwas wieder zu sagen).

Écrit par : Nagolet | 25/09/2008

Je me permets de le dire avant Géo : "l'Omicron s'est perdu en cours de route".
Et si notre héros a traîné en chemin, c'est bien plus à cause d'une femme que du shopping fait dans les aéroports.

Écrit par : P.A.R. | 25/09/2008

J'ajouterais encore un Waschbär
pour faire comme Prévert
dans son Inventaire.

Écrit par : P.A.R. | 25/09/2008

Est-ce que quelqu'un peut me dire comment on sort d'ici?

Écrit par : John-Henri Perrochon, Directeur adjoint de l'Office du tourisme de Peyres-Possens | 25/09/2008

En poussant la porte...

Écrit par : Inma Abbet | 25/09/2008

Ah, enfin quelqu'un. Je suis coincé dans un ascenseur depuis 6 jours et requiers de l'aide. L'adresse est la suivante: immeuble beige, à l'angle de la la 3ème Avenue et de la 152ème Rue Est, Peyres-Possens. L'ascenseur est en panne à la hauteur du 27ème ou 28ème étage. Ceci est un S.O.S.

Écrit par : John-Henri Perruchoud, Directeur adjoint de l'Office du tourisme de Peyres-Possens | 25/09/2008

C'est Peyres-Possens dans le Texas ou à New York?

Écrit par : Inma Abbet | 25/09/2008

Il n'a rien compris, c'est un péquenot: à côté des boutons qui vous permettent de faire mouvoir l'ascenseur dans un mouvement ascendant ou descendant se trouve une sorte de slot (fente) dans laquelle vous devez glisser une pièce de monnaie pour actionner l'engin; le tarif usuel est d'un quarter (25 cents) pour 10 étages. Donc, si vous êtes au 26e et que vous devez aller au 50e, il ne vous reste plus qu'à diviser la différence entre les deux nombres par 10 et la multiplier par la quantité de pièces nécessaires. C'est élémentaire. Le plus compliqué, c'est la descente, car vous bénéficiez d'un rabais dégressif tenant de la hauteur atteinte précédemment. Vous pouvez aussi profiter de l'effet de levier, qui consiste à emprunter de l'argent au taux le plus bas pour aller le plus haut possible (le top c'est le 102e étage), ce qui vous permettra de toucher le différentiel de taux en redescendant et de gagner une somme substantielle. Si ça vous branche, vous pouvez sauver la bourse de New York.

God bless America and John-Henri.

P.-S.: si vous n'arrivez vraiment pas à vous en sortir, j'appelle un dépanneur chinois.

Écrit par : P.A.R. | 25/09/2008

Et ça vous fait rire? Vous trouvez que c'est le moment?
Peyres-Possens est une bourgade du Jorat prise en étau entre la disco The Rhinocero's et le pince-fesses The Red Lantern, reconnaissable à la Bentley garée là tous les soirs. En bas de l'immeuble à l'ascenseur récalcitrant se trouve un débit de bagels, delikatessen et sandwiches au pastrami. Demander les clefs à Ginette Ruchat.

Écrit par : John-Henri Haeberli, Directeur adjoint de l'Office du tourisme de Peyres-Possens | 25/09/2008

Monsieur Nagolet,

Navré de devoir pinaillé à nouveau, mais votre langue maternelle a fourché! Vous auriez dû dire: "Was hätte es sein werden können?" Pour "gewesen" ... je ne sais vraiment pas où il serait posible de le mettre, sauf, peut-être dans le paquetage d'un certain Géo, pardi!

Écrit par : Père Siffleur | 25/09/2008

Et dans la fièvre du départ, il aurait fallu dire "Olivenöl aus erster Kaltpressung"

Écrit par : Inma Abbet | 25/09/2008

Vous tenez vraiment un sacré voyage, Père Chuinteur, et j'espère sincèrement que le Grand Manitou mettra un terme à vos souffrances le plus rapidement possible, les effets de votre agonie devenant vraiment peu supportables pour la Communauté des lecteurs de ce serveur.
A l'évidence, votre âme souffrante cherche à rejoindre le royaume des nuls et non avenus et désespère de trouver son véritable asile.
Repose en Paix, vénérable Père Suffoqueur ! Mais diminue un peu le 12 ans d'âge..
Ach Mensch !

Écrit par : Géo | 25/09/2008

Aaaaaaah ! Lox 'n' bagels with cream cheese ! C'est tout New York, ça.

Quand Jules, de chez Perruchoud-Haeberli en face, sera dégagé de son ascenseur, qu'il aille demander à Ginette si elle veut bien m'en préparer une centaine pour la salle de trading (ils l'ont bien mérité).

Écrit par : P.A.R. | 26/09/2008

Votre Très Vénérable Splendeur, Géo,

Vos répliques, si elles ne m'envoient pas aux gémonies, m'envoient au néant!
Si je pouvais être certain de ne pas vous y retrouver où d'errer dans le néant confiné de votre crâne, je ferais le voyage très volontier, sans hésiter, sans bagage et sans Single Malt. Même si ce dernier n'était pas réduit et avait plus de douze ans d'âge.

Pour la recherce du véritable asile: Pourriez-vous me refiler votre adresse? Merci!

Pour la communauté des lecteurs de ce serveur: Je n'ai pas l'impression que les statistiques du dit serveur donne une image peu supportable de mes élucubrations. Les pisse-vinaigre, pisse-froid et autres drôles de pis-tolets y sont en suffisance pour que certains apprécient plutôt l'écriture de mes "conneries". Mais là, je vous l'accorde, c'est affaire de goût et vu les vôtres, je comprends très bien que vous ne les appréciez pas.

Par contre, j'adore votre prose, même la plus "crade". Elle me fait souvent rire, sauf lorsque c'est à d'autres qu'à moi que vous la réservez. Car, à votre habitude, elle est, pour les autres aussi, souvent scato, outrancière, à la limite de l'obsène... Et là, je suis vraiment moins fan.

Avec mes meilleures salutations qui seront, malheureusement, nulles et non avenues.

Écrit par : Père Siffleur | 26/09/2008

Vous vous êtes relu, PS ? Vous ne voyez pas de contradictions ? Ah bon.

Écrit par : Géo | 26/09/2008

PS

Bien essayé, mais je ne sais pas si ça va donner le résultat escompté.
A votre place j'aurais fait dans le genre Sophocle, puisque Géo est un helléniste en treillis:

O grenadier à l'imposant courage, calme-toi;
je ne viens pas te chercher noise
et tu n'a nullement à craindre de ma part
un mot désobligeant ou inconsidéré.
Aussi bien ne me gronde pas,
mais d'un ton radouci découvre-moi l'affaire:
sur Terre, ici, pourquoi donc si puissamment
fais-tu résonner ta voix prodigieuse ?

Écrit par : P.A.R. | 26/09/2008

Mais, il faut dire que si Géo avait eu les accents de Cicéron dès le début, l'affaire aurait pris une tout autre allure:

Quo usque tandem abutere, Persifleurus, patientia nostra?
Quam diu etiam furor iste tuus nos eludet?
Quem ad finem sese effrenata iactabit audacia?

Écrit par : P.A.R. | 26/09/2008

Enfin, Nagolet descendu de Peyres-Possens où il médite le reste de l'année, aurait eu cette sage parole inspirée par Kongfuzi:

子曰作者七人矣 其次辟色其次辟言

Le Maître dit : « Le sage évite le monde, puis évite certaines contrées, puis certaines attitudes, enfin certaines paroles. »

C'est comme ça que tout devrait se passer dans le blog d'Inma.

Écrit par : P.A.R. | 26/09/2008

Votre Géniale Grandeur Géo, ou G3,

Y a-t-il réellement contradictions?
J'étais certain que vous alliez m'épingler, c'est de bonne guerre. Pourtant, le plus amusant, c'est que mes contradictions éventuelles de persifleur vous gênent plus que vos contradictions "philosophiques" (sic). Je parle de celles que j'ai le plaisir de lire à longueur de temps et qui font partie du charme indéniable de vos libelles et me permettent de rire.

Là, il n'y a pas contradiction, puisque je fais une différence très nette entre les écrits et celui qui les écrit. Dès lors, dans mon commentaire précédent, il y a effectivement la possibilité d'une contradiction au niveau de l'adresse de l'asile, mais je vous demandais la vôtre pour m'assurer ne pas me retrouver dans le même établissement que vous! Mes explications sont-elles suffisantes ou votre propre logique est encore en mesure de me prendre en défaut.
En mathématique, dont la logique est une branche, tout est possible!... Il suffit d'adopter les axiomes nécessaires. (à titre d'exemples: l'algèbre de Boule, la géométrie sur la sphère etc...)

Dans l'attente du plaisir de vous lire, je persifle et signe. / Père Siffleur

Écrit par : Père Siffleur | 26/09/2008

Le Maître dit : « Le sage évite le monde, puis évite certaines contrées, puis certaines attitudes, enfin certaines paroles. »
Que dire mieux ?

Écrit par : Géo | 26/09/2008

Vous êtes tous très gentils, et j'ai bien noté que j'aurais dû éviter certaines altitudes, mais est-il au moins possible d'avoir un sandwich au pastrami?

Écrit par : John-Henri Péquignot, Directeur adjoint de l'Office du tourisme de Peyres-Possens | 26/09/2008

C'est évident! On ne peut dire mieux! mais je ne suis et ne serai jamais un sage. Je ne suis qu'un fou. Le fou du Sage ou du Maître, peut-être... Un peu comme il y avait, il y fort longtemps, le fou du roi.

Écrit par : Père Siffleur | 26/09/2008

C'est ça, JC, tu n'es qu'un fou. Un fou du roi. Le monsieur avec la blouse blanche va bientôt revenir et te remettre dans ta belle cellule blanche dans ta belle camisole blanche. Dors bien, petit Père sniffeur. Le monsieur en blanc va bientôt te faire une piqure...

Écrit par : Géo | 26/09/2008

Ce n'est pas grave! Pour autant que nous ne nous croisions pas dans les couloirs!

Écrit par : Père Siffleur | 27/09/2008

Chers commentateurs, je dois m'absenter pendant une huitaine de jours et il n'y aura pas de nouveau billet de ma part durant ce temps. Soyez sages et ne mettez pas mon salon sens dessus dessous. Les commentaires restent ouverts.

Écrit par : Inma Abbet | 27/09/2008

Naturellement, je serai aussi absent puisque nous partons ensemble. Inma et moi passons la semaine à Venise pour les besoins d'une étude sur Le Tintoret. Le soir, test de plusieurs restaurants pour préparer notre guide "Les délices de la cuisine vénitienne".
Nous sommes à l'Hôtel Gritti. Merci de n'appeler qu'en cas d'urgence.
Bonne semaine à tous.

Écrit par : Nagolet | 28/09/2008

Il n'y aura donc personne pour fêter mon anniversaire ?

Écrit par : P.A:R. | 29/09/2008

Et moi, ma fête, quelqu'un s'en occupe???!!
ENVOYEZ-MOI BRUCE WILLIS! (Son adresse figure dans "Voici" No 837 ou 838 qui se trouve avec les autres dans le tiroir de mon bureau. Il y a aussi plusieurs informations sur ses techniques d'intervention dans les immeubles en dysfonctionnement.)

Écrit par : John-Henri Péclard, Directeur adjoint de l'Office du tourisme de Peyres-Possens | 29/09/2008

Bruce Willis joue au golf à Beauvallon, ou il passe régulièrement des vacances, ou parfois à Sainte-Maxime. Maintenant vous êtes hors-saison, et il faudra attendre l'année prochaine pour entreprendre quoi que ce soit dans votre Peyres-Possens State Building.
De plus, le cours du pastrami a fait un tel bon à Chicago, qu'on ne peut plus vous faire parvenir que des tartines de Cenovis indien.
Monsieur Nagolet nous a laissé 3 francs 50 pour vos frais, de quoi tenir jusqu'en juin.

Écrit par : P.A.R. | 29/09/2008

Dites voir, P.A.R, au lieu de vous occuper du pastrami de cette andouille, il y a un buffet à votre anniversaire?

Écrit par : Nagolet | 29/09/2008

On ne peut pas être à Venise et au moulin.

Comme j'ai affaire à des rats sans reconnaissance pour tous les bienfaits répandus sur la blogosphère, je mangerai mon gâteau d'anniversaire seul avec mon gamin.

Et tout le pognon destiné à organiser une fête digne du Bal Besteigui (Venise, 1951) ira pour nourrir les biches et les cygnes.

Écrit par : P.A.R. | 29/09/2008

Finalement, je ne suis pas allé à Venise. L'Opel Kadett est tombée en panne à Bourg-St-Pierre et Inma a décidé de continuer seule en autocar.
De toute façon, vers Martigny, elle m'a signalé que Le Tintoret est un peintre qui a beaucoup de Christ qu'on descend de la croix pendant que des femmes pleurent juste en-dessous en levant les yeux au ciel.
Ca m'a un peu refroidi. J'avais confondu avec les Caves du Tzitoret, à Sion, qui produisent une petite arvine extrêmement gouleyante. Si vous faites quand même votre buffet d'anniversaire, je pourrais vous en apporter une bouteille.
Ca vous ferait peut-être du bien. Vous m'avez l'air un peu gringe, aujourd'hui.

Écrit par : Nagolet | 29/09/2008

Monsieur John-Henri Péclard, Péquignot, Haeberli, Perruchoud, Perronchon ou quel que soit votre patronyme,

Vous voudriez réellement Bruce Willis à votre fête (anniversaire?). Nous n'avons certainement pas les mêmes goûts, heureusement! J'ai demandé à Sharon Stone pour qu'elle vienne au mien et il y a 50% de chance qu'elle se pointe... en tout cas, des deux, il y en a déjà un qui est d'accord!

Écrit par : Père Siffleur | 29/09/2008

Messieurs Nagolet & Co. Ltd,

Si j'avais la chance de voir "de visu" (comme on dit à Peyres-Possens) un Tintoret de près, j'examinerais la composition de ce vert qu'on dit unique au lieu de penser à la boustifaille vénitienne. Et mieux, j'essayerais de le piquer, quand bien même l'idée de voir une Descente de Croix accrochée à la cimaise du Café de la Poste vous laisse de marbre.

Mais, revenons à ce vénérable estaminet possenssois. Il est à vendre, dit-on, et je comprends mieux le battage que vous faites autour d'un village qui pourrait disparaître dans un trou sans provoquer la moindre vibration au NYSE. Si Géo ne veut pas marcher dans la combine (il a laissé des plumes dans l'histoire des subprimes), je peux voir avec les Chinois: ils ont encore 900 millions de dollars à investir, mais se méfient des coups fourrés de ces têtes de chiens d'Occidentaux. Je suis certain que vous arriverez à les mettre en confiance avec votre style, à la fois rustique et débonnaire; dans la foulée, vous pourriez encore leur vendre le reste du village pour arrondir le montant de la transaction.

On reste en contact.

Écrit par : P.A.R. | 30/09/2008

Je vous remercie, cher P.A.R., de la proposition que vous me faites de démantibuler le real estate de Peyres-Possens en vue d'une opération de partnership win-win avec vous et vos amis invesisseurs chinois.
Je vous rappelle toutefois qu'il y a un an j'ai déjà accepté votre suggestion de faire traduire et diffuser mon recueil de poésies "Ô Fée Electricité" en Chine et que les deux tonnes d'exemplaires qui ont été tirées s'entassent toujours dans la poussière des librairies de Pékin, Shangaï et autres localités dont j'ignore le nom car elles ne figurent pas dans Le Lotus Bleu. Est-ce étonnant quand on sait que "Ô Fée Electricité" a été traduit sous le titre "Le Gaz, cette énergie fantoche" et toute l'oeuvre est ainsi farcie d'approximations du même acabit?
En un mot: Merci, mais c'est NON!

Écrit par : Nagolet | 30/09/2008

Vous avez voulu faire des économies sur la traduction en utilisant un dictionnaire en ligne, ça ne pouvait que se terminer en désastre. En plus, vous avez refusé d'offrir une dizaine de Rolex au délégué du Ministère de la Culture, qui aurait pu imposer à 600 millions d'écoliers d'apprendre vos poèmes.

Vous êtes pingre, c'est le problème. Et objectivement, en voulant transcrire un signifié occidental en signifiant chinois, "fée", "électricité", "gaz" et "fantoche", c'est toujours le même concept aussi flou; vous auriez traduit cela par "Et la lune descend sur le temple qui fut", c'était clair pour tout le monde et aussi beau qu'une poésie de l'époque Tang.

Bien. On ne va pas refaire l'histoire et vous avez maintenant l'occasion unique d'offrir un avenir décent à vos enfants. Quand "on" prendra contact avec vous, suivez scrupuleusement les instructions de votre interlocuteur. Pour gagner du temps, vous pouvez déjà faire remplacer les panneaux routiers marqués "Peyres-Possens" par leur équivalent dans la nouvelle langue du pays: 佩尔波圣斯.

Écrit par : P.A.R. | 30/09/2008

C'est tout de même incroyable. Il y a un homme coincé depuis dix jours dans un ascenseur, il supplie qu'on vienne à son aide - et que font ceux qui l'entendent? Ils parlent de traduction des panneaux de Peyres-Possens en chinois.

Ceci est donc mon testament:

1) Je lègue tous mes biens à mon chat. Il s'appelle "Brother", comme dans Lehman Brothers, et il faut bien prononcer le "th" à l'anglaise, sinon il ne vient pas. Soyez gentils avec lui.

2)Rien. C'était mon seul ami.

Écrit par : John-Henri Narbel-Schneuwly, directeur adjoint de l'Office du tourisme de Peyres-Possens | 30/09/2008

"brother" ressemble terriblement à "brothel" (qui signifie "bordel" en anglais) et comme les Chinois prononcent "l" pour "r", vous voyez d'ici le tableau...

Non, votre chat va tout simplement être passé à la casserole dans les cuisines du Café de la poste, rebaptisé provisoirement 邮电局餐厅 (en fait, on pourrait confondre avec "cantine du bureau de poste" et puisque le bureau de poste lui-même ne propose pas d'émincé de boeuf aux pousses de bambou, il convient d'éviter les files inutiles dans cet office).

Donc, le nom définitif viendra plus tard, mais il y a déjà un courant favorable pour JOHN-HENRI'S parmi les adeptes du fast food.

Écrit par : P.A.R. | 30/09/2008

Ah, je suis un "pingre", moi? Je ne voudrais pas débattre de nos affaires privées sur ce blog que tout un chacun peut décortiquer, mais je vous rappelle tout de même que je vous ai versé 200'000 francs d'acompte pour cette traduction.

Vous les avez d'abord versés sur une Anstalt du Liechtenstein, puis virés aux Antilles Néerlandaises sur un compte joint à celui de M. Rino Mastrolardi, entrepreneur à Catane. Vous m'avez ensuite demandé une avance de 20'000 francs pour vous rendre aux Iles Caïman où cette somme devait être défalquée d'un portefeuille de titres gérés par Isidoro Raposito, négociant à Quito. Un hôtel de la place m'a encore envoyé par la suite une facture impayée pour une suite avec bar à alcools et cigares que vous avez longuement occupée au prix de 1'700 dollars la nuit, après quoi, via une banque off shore des Bahamas, la part restante de ces fonds est revenue sur mon compte d'épargne de la BCV, soit fr. 95,80, tandis que le solde, 350'000 dollars, était viré par vos soins chez Yiang-Yang & Rabbit Ltd, Hong-Kong.

Maintenant, je me retrouve avec un ouvrage de poésie sur le gaz, totalement invendable, et, hier encore, avec le téléphone d'un homme parlant un sabir méridional dans lequel j'ai cru comprendre les mots "putana di escroco!", "rivengia!" et surtout "Couic!".

J'ai encore plusieurs choses à vous dire, mais je viens d'entendre une explosion à la cave et je vais d'abord voir ce qui se passe.

Écrit par : Nagolet | 30/09/2008

Vous avancez 220'000 CHF et je me mets 350'000 USD dans la poche ?
On croirait entendre un commentateur de la Télévision Soviétique Romande à propos des affaires qui secouent actuellement notre petit monde; autre raison de ne pas étaler ce plat de spaghettis financier à la vue de nos estimés lecteurs, qui pourraient croire voir le diable sur la muraille.
Vous puisez vos sources dans Le Monde Diplomatique ? De tous les pays cités, il n'y a guère que les Bahamas à être dignes de passer sous les fourches de la LBA.
Cela dit, il y aurait encore une possibilité de recyclage pour vos bouquins, sous forme d'aliments pour chats. J'attends une confirmation d'un industriel de 无锡.
Gardez le moral, on est pas au bout des épreuves...

Écrit par : P.A:R. | 01/10/2008

Ne jouez pas les naïfs. Vous savez très bien qu'il est possible de rapercher 350'000 dollars à partir d'un prêt de 220'000 francs quand on a boutiqué ce pognon dans la machine à laver de zozos comme Rino Mastrolardi et Isidoro Raposito.
Peu importe, car j'ai maintenant d'autres ennuis. Ma cave a été nuitamment démolie dans un attentat. Toute ma réserve de Bonvillars est bousillée et mon paquetage militaire a été propulsé chez la concierge Mme Gonzales. Au bord du cratère, il y avait une pancarte qui disait: "Ceci n'ait qu'un avairtissement. Ou à passer l'argent?". Je me demande si c'est Père Siffleur.

Écrit par : Nagolet | 01/10/2008

Laissez siffler Papa, il n'y est pour rien: il a passé toute la nuit à laver des billets de 1 dollar avec moi. Nous avons les mains toutes vertes, comme quand on ramasse les balles au golf de Peyres-Possens pendant la mousson.

Si vous arrivez à reconnaître l'accent de la pancarte laissée dans la cave, ça nous permettra d'envoyer nos limiers sur la piste. Par contre, ce n'est pas un hasard si votre équipement militaire se trouve chez Mme Gonzales, elle devait craindre une opération commando. Et ce n'est pas non plus non plus un hasard si sa fille autrefois nommée Concepción se fait désormais appeler 孔塞普西翁.

Cela voudrait dire qu'elle a suivi un entraînement intensif de ninja au Yunan et que si vous avez essayé d'arnaquer d'honnêtes commerçants chinois en leur vendant des produits structurés de Lehman Brothers, je ne donne pas cher de votre peau.

Écrit par : P.A.R. | 01/10/2008

Rabbit@ Je ne voudrais pas gâcher vos enfantillages, mais selon de nombreuses sources, vous seriez à la base des rumeurs de faillite de l'UBS pour mieux couvrir les caisses Raiffeisen qui comme chacun sait sont en voie de s'effondrer d'un jour l'autre...
Je trouveces manipulations vraiment scandaleuses quand on imagineles conséquences sur les retraites de nos chers confédérés...

Écrit par : Géo | 01/10/2008

Mon gros problème maintenant, c'est que Mme Gonzalez est folle de moi et ne veut plus me rendre mon carnet de tir de 1971. Elle exige que je le lui dédicace. Pourtant, les résultats n'étaient pas extraordinaires. A 300 mètres, j'avais même fait une pendule.

P.S. Pourquoi sa fille a-t-elle maintenant choisi de s'appeler, selon le traducteur chinois-français que vous m'avez fourni, "Pistil de Hérisson"?

Écrit par : Nagolet | 01/10/2008

S'agissant de ces poèmes sur le gaz et l'électricité, il faut quand même savoir qu'à la lumière des enseignements de Laô Tseu, une grande partie de cette maculature finira au pilon sans péjorer l’équilibre mental de la population.

Écrit par : La grande Henriette | 01/10/2008

C'est une conjuration, ou quoi ?

De la faillite de l'UBS, on en parlait ouvertement mardi dans nos salons feutrés. Aujourd'hui c'est oublié, parce que le week-end arrive et que chacun se concentre sur l'essentiel: golf, chasse, nanas, etc.

A propos de la Confédération, vous n'êtes plus sans savoir que j'aspire à devenir un électron libre lâché à la surface du globe, pour ne plus payer d'impôt et éviter de me faire usiner les méninges par quelque doctrine nationale que ce soit. En résumé, j'irai là où le rapport qualité-prix en rapport au montant de ma retraite atteindra un optimum.

金钱难买幸福,但它不无小补 (l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue).
Bonne nouvelle pour vous tous: grâce au sacrifice de son papa, mon fils sera dans 2 ans un expert diplômé, reconnu et estimé dans le domaine financier. Vous pourrez alors lui confier vos économies en toute confiance, sans crainte de voir les nuages noirs s'amonceller autour de votre crousille rouge à croix blanche.

Si Monsieur Nagolet n'arrive pas à descendre un terroriste à 300 mètres, toutes mes craintes sur la capacité de cette nation de fromagers à se défendre sont fondées. Et comme j'ai eu la folle idée d'échanger mon SIG 9 mm. contre une épée du XVIIIe, il ne me reste plus que la fuite.

Un écrivain commence à recueillir les fruits de son dur et patient labeur, quand il se voit citer anonymement par la personne dont il s'attendait le moins à le faire: merci Madame Henriette !
Vous avez des projets pour ce soir ?

Écrit par : P.A.R. | 02/10/2008

"En résumé, j'irai là où le rapport qualité-prix en rapport au montant de ma retraite atteindra un optimum."
Peut-être la Somalie ? je vous vois assez en chef pirate ?

Écrit par : Géo | 02/10/2008

Juste une question: est-on censé maintenant confier ses économies à des jeunes gens qui précipitent les pianos dans les rivières ?

Pour vous vieux jours, je ne saurais trop vous conseiller la zone à bâtir «En Penatzet», à Pey-Res-Possens, en particulier la parcelle 227/A.27.05.48, à l'angle de Baker Street et de la rue Justin Oulevay. Cette parcelle de 2'500 m2 n'attend que depuis trop longtemps l'édification d'une jolie villa avec, dans le jardin fleuri, un barbecue doté de tuiles "à la provençale". Outre un prix du mètre carré imbattable, je pourrais vous arranger un taux d’imposition sans concurrence avec D., le préposé au contrôle des boursiers communaux, à L. Un simple mot de votre part et nous nous voyons au Café de la poste.

Hélas, le bourg est en deuil. John-Henri Tappolet, président du Männerchor La Joratoise, n'est plus. Vous l'avez peut-être lu comme moi en page 3 du Matin de ce jour: "Un cadavre tout sec découvert au 28ème étage d'un immeuble de Peyres-Possens". La mise en terre est agendée pour samedi. N'y venez pas. Les funérailles auront lieu "dans la plus stricte intimité" et il risque d'y avoir peu de monde: son chat est porté disparu depuis plusieurs jours.

P.S. Si jamais vous vous pointez pour affaires au Café de la Poste, je suis le type, sous l'affiche Campari-Rossi, qui joue aux cartes avec Riquet, le copain de service de Géo. Enfin, à partir de 14 heures, je suis surtout le type qui essaie de le ramener chez lui sur sa Lambretta. Dites "Avez-vous vu Mme Henriette?". Ce sera notre mot de passe.

Écrit par : Nagolet | 02/10/2008

Baker Street, c'est cette longue rue étroite perpendiculaire à Oxford Street que je prenais pour remonter (à gauche s.v.p.) en voiture vers Regent's Park ? Mis à part le fait que Sherlock Holmes y a habité, il y a peu de lumière et trop de circulation. Vous n'avez rien du côté de Shanghai ?

Je voulais justement y venir; le Telegraaf d'hier fait la une du cahier international sur Peyres-Possens, en signalant que c'est déjà le cinquième décès inexpliqué en un mois. Le titre de l'article est assez explicite, bien qu'un tantinet raccoleur: "Is het dorpje van Peyres-Possens vervloekt ?" (le village de Peyres-Possens est-il maudit ?). Ce serait intéressant de lire ce que L’Osservatore Romano pense de cette malédiction.

Je connais bien Riquet et j'ai une photo de lui avec tout le groupe de mercenaires qui avaient participé au coup de main de Cabinda en 1974. J'étais moi-même en Afrique à cette époque, mais j'avais décliné l'invitation relayée par l'ambassade d'Afrique du Sud, parce que j'étais déjà sous contrat avec Jean Schramme. Sur cette photo figure encore un grand gaillard non identifié, avec une barbe (vraie ou fausse) qui lui cache tout le visage: est-ce Géo ?

Écrit par : P.A.R. | 02/10/2008

P.-S.:
il vaut mieux que les futurs économistes jettent des pianos dans les rivières à 20 ans, plutôt que 700 milliards de dollars à 50...

Écrit par : P.A.R. | 02/10/2008

... quand ils seront CEO ou patron de la Réserve Fédérale ou je ne sais pas quoi encore.

(Je n'arrive plus à travailler correctement sur ce blog avec tous ces téléphones de gens affolés qui me dérangent.)

Écrit par : P.A.R. | 02/10/2008

Savez-vous que le souvenir de Jean Schramme est encore très vivace dans ces régions?

Je le sais car je passais mes vacances à Kinshasa en mai 1997 lorsque ce charmant garçon qu'était Laurent Désiré Kabila a opéré un tournus avec M. Mobutu Sese Seko. Je mangeais une au bord de la piscine du restaurant à ciel ouvert de l'Intercontinental quand il s'approche et m'interpelle. Il était escorté d'une nuée d'angelots noirs, de 10 à 13 ans, portant des fusils-mitrailleurs plus grands qu'eux et bourrés jusqu'à la moelle du Johnny Walker piqué dans les caves de l'hôtel, ainsi que d'une brochette d'amis noirs au visage fermé, portant tous des Ray Ban et des costumes trois-pièces.

Laurent-Désiré s'approche donc et me demande à brûle-pourpoint: "Est-ce vous, comme on me le dit, qui tenez les comptes de la Société de gymnastique de Peyres-Possens?". Et comme j'acquiesce, il me nomme aussitôt ministre du budget.

C'est depuis ce jour que je porte des Ray Ban et que la République Démocratique du Congo a connu le formidable bond en avant économique que l'on sait.

Écrit par : Nagolet | 02/10/2008

(Complément capital pour la compréhension de ce message: je mangeais une pizza quatre-saisons)

Écrit par : Nagolet | 02/10/2008

J'avais bien la barbe en 1974, c'est facilement vérifiable dans les archives de 24 Heures (voir manif Comptoir contre la présence du Portugal, le 60ème de Mai 68...) mais je ne suis allé en Afrique qu'en 1986, où j'ai rencontré un hydrogéologue français à Tombouctou, qui antérieurement était mercenaire au Biafra. Il était aussi barbu et selon mes souvenirs, il me semble qu'il avait aussi évoqué Cabinda.
A propos, Rabbit, vous ne trouvez pas bizarre que les Américains n'aient pas encore envahi cette zone ???

Écrit par : Géo | 02/10/2008

Tous ces gentlemen étant foncés comme l'ébène de la forêt profonde, il eût été difficile à un toubab fraîchement débarqué d'identifier formellement Lauremt-Désiré sans la Rolex en or offerte par un certain PS, agent triple à la solde (ce jour-là) de Cuba et tenant à sa merci des milliards d'individus depuis son luxueux blockhaus de Peyres-.... (etc.)

Géo, prenez une carte disponible sur le Web et voyez le nombre de plates-formes de forage implantées dans la région et à qui elles appartiennent. Les Américains sont lä depuis qu'on y a découvert du pétrole et ce sont les autres qui font du grabuge pour prendre leur place. Aux yeux du monde, les Américains font soit dans le commercial, soit dans le militaire; mais sous la table de conférence tout se mélange et ce ne sont pas eux qui ont inventé ce jeu de stratégie.

Écrit par : P.A.R. | 02/10/2008

C'est vrai que le Nigéria pose plus de problèmes. Les attaquants de plate-formes travaillent-ils pour les Américains contre Shell ?
Et pour Cabinda, vous avez d'autant plus raison que quand j'étais en Angola, c'étaient les soldats cubains qui protégeaient les compagnies américaines contre le FLEC...et les royalties payées au MPLA servaient à payer des armes russes contre les anti-communistes. On dira ce qu'on voudra, c'était le bon temps.
Mais de nos jours, pourquoi se fatiguer ? Il suffit d'investir dans l'action UBS et d'attendre une année ou deux pour quadrupler sa mise. Tiens, j'ai compris pourquoi Lamunière a lancé sa meute contre UBS, il a les mêmes visées que moi...

Écrit par : Géo | 02/10/2008

Hélas, mes amis, je reçois à l'instant un téléphone de la clinique. Les nouvelles sont mauvaises: Géo nous fait une rechute. Comme on dit à "Peyres-Possens", il voit les belettes.

En d'autres termes, il mélange tout, l'Angola, le Comptoir de Lausanne, le vacherin Mont-d'Or, les rotatives du groupe Lamunière. Le problème avec lui, c'est qu'il ne va pas se contenter d'être rasoir, à toujours vouloir parler d'actualité. Il va vite nous refaire ses démonstrations de trimardeur aviné se chipotant avec Père Siffleur sur le perron du château. Problème: une piécette qu'on lui lance ne suffit pas à le faire partir.

Déjà qu'il est persuadé n'avoir affaire qu'à une seule personne avec Rabbit, P.A.R., Pierre-André-Rosset, Nagolet, La grande Henriette, Inma Abbet et Alain Hubler... Hélas, ça ne date pas d'aujourd'hui: il y a une quarantaine d'années, Géo a passé 117 jours à faire du biribi tout seul dans son jardin avec un fusil en bois et une grenade en caoutchouc - et à la fin il était persuadé d'avoir fait une école de recrues avec 400 camarades, trois capitaines et deux majors. En médecine et en menuiserie, c'est un phénomène bien connu. On appelle ça le "syndrome du panneau aggloméré".

Écrit par : Nagolet | 02/10/2008

Désolé, Rabbit, c'est vrai que je suis en train de gâcher l'oeuvre littéraire de votre vie et d'interrompre votre dialogue avec tous vos avatars. Bye,bye...

Écrit par : Géo | 02/10/2008

Gentlemen,
Vous me permettrez quelques jours de repos mérité pour faciliter mon entrée dans le troisième âge.
Donc, please, laissez vos problèmes de personnalités multiples au vestiaire pour l'instant et n'oubliez pas de prendre vos médicaments.
Nous reprendrons la thérapie de groupe prochainement.
Votre dévoué,
P.A.R.

P.S.: évitez de provoquer l'impatience de Madame Inma par vos comportements d'ados perturbés.
P.P.S.: aha ? c'est donc lui OSS 117 ?

Écrit par : P.A.R. | 07/10/2008

J'arrive et vous partez.
J'espère que je ne suis pas en retard pour fêter votre anniversaire.
Je ne sais plus qui a évoqué Venise, mais il a vu juste : j'étais réellement là-bas. Tout va bien, la ville ne s'est pas effondrée et la croisière s'est très bien passée.

Écrit par : Inma Abbet | 07/10/2008

Peuh… ! Il y a longtemps que je suis arrivé au 3ème âge, moi, et je n’en ai pas fait toute une histoire.
J’avais organisé une grande réception au château de Grandson, avec échansons, écuyers, petits pages et milliers d’invités en hauts-de-chausse et goguette qui se tapaient sur le ventre dans une ambiance breughelienne. Il y avait des esclaves que l’on pouvait fouetter à loisir. Des aurochs entiers rôtissaient dans la cour et sur les échauguettes, tandis que des paysannes aux seins voluptueux dansaient la gigue sur les créneaux au grand émoi des manants venus de Concise, d’Onnens, de Fiez et même de Champagne, qui avait encore le droit de s’appeler ainsi malgré les bilatérales. C’était tout de même autre chose que ces petits anniversaires fêtés en catimini, loin des amis, des commensaux, des compagnons du saint-Blog et des hôtesses accortes autant qu’espagnoles.
Mais enfin, je sais, c’était une autre époque. Tout est petit, aujourd’hui. Tout est mesquin et misérable. Les femmes partent en croisière avec Dieu sait qui, peut-être bien leur mari, les philosophes qui discutaillent de Platon et de Maupassant sur des blogs adverses viennent vous donner des conseils d’apothicaires - «N’oubliez pas de prendre vos médicaments» - et dissertent sur la dualité d’OSS 117 alors que la planète a besoin d’eux pour y voir clair sur les produits structurés.
Tout cela est lamentable. Bye bye.

Écrit par : Nagolet | 07/10/2008

You say goodbye, I say hello, hello, helloooooooo....
Vous vous souvenez certainement de cette chanson des Beatles, vous les vieux...
A une certaine époque, il y avait aussi un feuilleton télévisé américain intitulé "La croisière s'amuse". Mais qui s'amuse encore aujourd'hui ?

Donc, mon fils est venu passer le week-end avec moi et j'ai préparé une choucroute à l'alsacienne, avec Riesling et Munster (c'était bon comme là-bas). A part ça, il a travaillé sur mon ordinateur à une droite de régression géante comportant mille points en Y et 40 en X. Une stratégie d'investissement sur le Dow Jones Industrial Average, qu'il m'a dit: il faut vérifier la théorie qui court selon laquelle toutes les années finissant par le chiffre 5 se terminent sur un résultat positif. Pourquoi pas brûler un cierge ? Mais paraît qu'Excel veut une valeur en X pour toute valeur en Y. A dû téléphoner à un spécialiste en économétrie pour trouver une solution. Moi, je me tapais toute la mirabelle à Tante Lisbeth. Le petit me semble un peu stressé avec tous ces modèles mathématiques qu'on lui enfile dans le ciboulot. Lui ai recommandé de prendre une année sabbatique avant le Master. Vais l'envoyer en Chine: il paraît que c'est le nouveau paradis capitaliste depuis que l'Occident nationalise à tour de bras. On s'amuse beaucoup, en Chine.

Vous voyez qu'il n'y a pas de quoi se marrer.
D'autant plus que Marc Bonnant a encore une longueur d'avance et que je dois inventer n'importe quoi pour ne pas passer pour un ignare.

Écrit par : P.A.R. | 07/10/2008

L'Alsace? J'ai vécu quelque temps à Strasbourg. Il me semble qu'une étude avait montré que la théorie des six degrés était infondée. Je crois cependant qu'elle est valable pour les lieux. Tout le monde connait quelqu'un qui connaît quelqu'un qui a grimpé le Cervin (à moins de l'avoir fait soi-même).
L'année sabbatique est une excellente idée. Elle empêche pas mal de bêtises.

Écrit par : Inma Abbet | 07/10/2008

La formule de base est: (Ri – Rf) = β(Rm – Rf). Je vous laisse voir avec Géo comment interpréter la chose. Et l'Alsace est l'un de mes nombreux points d'ancrage sur le globe: mon père y est né à l'époque où Guillaume II était empereur.

Écrit par : P.A.R. | 07/10/2008

Où sont passés les platoniciens de service ?

Écrit par : P.A.R. | 08/10/2008

Très engagé ces jours dans une mission secrète et hautement accaparante, j'avais complètement oublié de vous le signaler - mais enfin voilà:
Ob-La-Di Ob-La-Da

Écrit par : Nagolet | 09/10/2008

Mon cher P.A.R.,

Quand vous postez des commentaires sur le blog de Marc Bonnant et vous efforcez, comme vous dites en rigolant, d'"inventer n'importe quoi pour ne pas passer pour un ignare", pensez-vous que le blog en question est celui d'un fameux avocat genevois? Si tel est le cas, j'ai des informations (que je qualifierai de capitales) pour vous...

Pour une fois, je suis sérieux. Je ne raconte pas ce que notre chère Inma appellera peut-être des "bêtises" requérant d'urgence la prise d'une année sabbatique!

Écrit par : Nagolet | 10/10/2008

Enfin, j'ai aussi mes doutes: je subodore qu'Ignacio Bolomey se cache sous les traits de Marc Bonnant; c'est son étrange langage qui m'a mis sur la piste (mélange étonnant de formules empruntées au russe et au chinois protocolaires).

Cela dit, il faut que me casse. Si je prends le LEB de 11 heures au Flon, je pourrais être à 11 h. 35 à Fey et vingt minutes après, de toute la force de mes petites jambes, à Peyres-Possens (malgré le poids de mon panier à pic-nic).

J'aurai enfin le coeur net sur la réalité objective de Peyres & Possens.

Ob-la-di, ob-la-da, life goes on, brah!...
Lala how the life goes on...
Ob-la-di, ob-la-da, life goes on, brah!...
Lala how the life goes on.

Écrit par : P.A.R. | 12/10/2008

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