04/11/2008

Le Nommé Jeudi et la leçon des masques

Le fait de raconter une chose crûment et sans ménagement la fait paraître affreusement étrange (1).

Les pseudonymes éveillent la méfiance, l’anonymat fait peur. Après une année et demie de blog j’entends toujours la même chanson, avec le même refrain, qui appelle à la corrélation obligée entre un nom et un message, un appel assez dérisoire, comme si une identité formellement établie empêchait quiconque de manipuler et de mentir.

C’est donc le moment propice pour évoquer un roman publié il y a justement un siècle, Le Nommé Jeudi, un cauchemar (The Man what was Thursday, a Nightmare, 1908) de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936), auteur des surprenantes aventures du Père Brown, prêtre détective, et de textes apologétiques du catholicisme moins connus. Dans son œuvre, Chesterton nous apprend que le meilleur endroit pour cacher une feuille est une forêt, et un anarchiste qui voudrait cacher ses idées devrait paradoxalement se déguiser en anarchiste. Il serait ainsi considéré comme un fou inoffensif et aurait tout loisir de développer des activités bien plus dangereuses. La transparence affichée réussit à distraire l’attention. La vérité devient subtile imposture, indécelable parce que le masque possède la précision d’une autobiographie riche en détails parfaitement exacts, crédible mais fausse dans son ensemble.

L’intrigue du roman peut être ainsi résumée : le poète Gabriel Syme, conservateur et partisan de l’ordre établi, accepte l’invitation de Lucian Gregory, poète anarchiste, d’être introduit dans une société secrète, le Central Anarchist Council dirigée par un personnage surnommée Dimanche, un groupe dont les membres adoptent comme pseudonyme le nom d’un jour de la semaine. Gabriel deviendra Jeudi. Ce que Gabriel n’a pas dit, c’est qu’il est un agent secret recruté précisément pour infiltrer cette société de conspirateurs. Il est donc le policier déguisé en policier déguisé en anarchiste.

Les réunions du groupe n’ont pas lieu dans des caves sombres, mais dans des cafés et des restaurants, d’où ils crient sur les toits leurs projets de massacre, convaincus que les autres convives n’y verront que du feu. Pour éviter un attentat, Gabriel commence à suivre un à un les membres de la bande, il les démasque aussi, et, l’un après l’autre, ils se révèlent des agents infiltrés, comme lui-même dédiés à la traque de Dimanche, mais le cauchemar se rapproche, et le jeu de masques et de miroirs trouble extrêmement Gabriel, car ses ennemis d’hier deviennent ses amis d’aujourd’hui. Le cauchemar d’être soudainement devenu un autre, opposé mais complémentaire, hante le récit jusqu’à la fin, (2) et la recherche du criminel est en même temps la quête d’une identité, pour tous les personnages, une identité après tout si fragile, si facilement mise à mal par des accessoires de théâtre. Le déguisement est une faille qui laisse apparaître des hésitations, des peurs, tandis que la vérité exhibée sans complexe devient un bouclier. Si vous savez tout (ou croyez tout savoir), inutile de vous interroger davantage.
La transparence, selon Dimanche, est un outil de manipulation très efficace, beaucoup plus efficace que les déguisements, le maquillage, les codes secrets et les noms d’emprunt utilisés par ses adversaires, dont les tentatives de camouflage ont toujours un aspect drôle, carnavalesque, voire outrancier. Il suffit de lire des passages où les faux conspirateurs sont décrits, riches en évocations romanesques de la décadence et de la cruauté, les retournements de situations et la bizarrerie de cette atmosphère de rêve où le suspense et les représentations de la peur sont toujours contrebalancés par l’humour.

Le Nommé Jeudi montre à quel point G.K. Chesterton méritait le surnom de Prince du Paradoxe. C’est un roman qui bouleverse pas mal d’idées reçues et qui donne aux changements d’identité la valeur d’un rite de passage, pour ceux qui décident sortir du cauchemar. (3)



(1) G.K. Chesterton, Le Club des métiers bizarres


(2) Tout conservatisme repose sur l’idée que si vous laissez les choses telles qu’elles sont, elles resteront ce qu’elles sont. Mais c’est faux. Si vous laissez quoi que ce soit tel quel, vous donnerez naissance à un total bouleversement. (Orthodoxie). Les extrêmes se rapprochent dans les paradoxes. On peut remarquer, dans Le nommé Jeudi, que l’idéologie est davantage un mode de communication qu’un système de pensée. Le jeu des masques favorise le rapprochement entre les adversaires et l’éclosion de la parole : « I feel somehow as if you were my mother, Syme, » he continued casually. « I feel that I confide anything to you, as you have promised to telle nobody. (Le nommé Jeudi) et aussi : You can’t tell the anarchists I’m a policeman. I can only watch you, knowing what you are; you can only watch me, knowing what I am. In short, it’s a lonely, intellectual duel, my head against yours. (…) I cannot betray you, but I might betray myself. Come, come! Wait and see me betray myself. I shall do it so nicely.”


(3) http://www.gutenberg.org/dirs/etext99/tmwht10.txt








Commentaires

L'ombre, la persona, l'animus et l'anima: pour ceux qui ont déjà travaillé sur la Tarot jungien, ça fait vraiment beaucoup de monde lorsqu'on se regarde ensuite dans une glace.

Et si, en plus, avec Nietzsche, on se penche sur la question de la vérité et du mensonge au sens extra-moral, on risque de se perdre dans le labyrinthe et de vouloir couper la ligne avec l'extérieur pour retrouver la paix.

Ou alors on surfe sur tout ça, en se disant qu'il vaut mieux glisser à la surface que de rester prisonnier des profondeurs.

Madame, Henriette, je passe à quatre heures prendre le thé et une tranche de cake, et je vous explique ce qu'il a voulu dire.

Écrit par : P.A.R. | 04/11/2008

L'un des thèmes du roman est l'épreuve que subit celui qui croit detenir la vérité.
C'est dommage que le Nommé Jeudi ne soit plus lu. J'ai essayé de le trouver dans deux librairies lausannoises, puis dans une bibliothèque, sans succès.

Écrit par : Inma Abbet | 04/11/2008

8,55 Euros pour la version en français et 8,95 dollars pour la version en anglais, tout ça chez Amazon, mais livré à domicile.

Écrit par : P.A.R. | 04/11/2008

C'est la preuve qu'Inma Abbet, jeune Lausannoise blonde, d'origine espagnole, mariée à un Valaisan, traductrice, éprise de littérature et de protection de la loutre, manipule l'olibrius qui croit se cacher en signant tantôt Rabbit, tantôt P.A.R., tantôt Nagolet, tantôt Pierre-Alain Rosset, tantôt la grande Henriette.

Écrit par : John-Henri Di Carnavalo, neveu de feu John-Henri Perrochon, ex-directeur adjoint de l'Office du Tourisme de Peyres-Possens | 04/11/2008

Peut-être pourriez-vous manipuler en retour cet olibrius pour qu'il fasse réapparaître de sa manche ce célèbre Monsieur de la Lapinière qui se faisait appeler Rabbit et qui était un peu le phénix des hôtes de ces blogs ?
Nagolet aurait juste un peu tendance à nous pomper l'air...

Écrit par : Géo | 04/11/2008

Bon, ben puisqu'on peut citer des lieux où commander, si vous avez pas de carte de crédit, comme moi, vous pouvez le trouver chez ex libris, aussi en ligne, en 2 version livres de poche ou broché pour moins de 20 balles (une courte rafale,quoi), avec une facture payable à 10 jours... Et en plus, vous avez les points cumumlus, trèèèèèèèèèèèèès important ça, les points cumulus! hi, hi! Teufel! pasque y a pas qu'amazon.com, hein? y aussi exlibris .ch, himmelkreutzsakrament! unt z'est ou Peyre-possens??? Z'est bas là ou il y affait un técharche buplique? ach, foudu agxent! maintnant on fa sffoir gui zest!

Écrit par : machin | 04/11/2008

Sind Sie der rote Kampfflieger?

Écrit par : Inma Abbet | 04/11/2008

Fou me chêner peaucoup, mais ach, ch'ai laissé tes indiz fazile à suivre, par cheu ! Bon ça va l'accent, c'est tuant! Donc ja, ja, ich bin za ke fous tites! Je trouvais bonne plaisanterie, de "commenter" un texte apologétique du pseudo en utilisant un pseudo de pseudo parmis mes multiples, ça fait schizo...
Fou afez tonc drouvez, aber afec titre de noblesse(oblige/ée), der "rote Baron" était plus courant... mais Kampfflieger, ça "sonne" (non, pas à la porte ouverte... vous voyez, je vous lis) bien, je vais le retenir (auriez-vous même la bonté de me le laisser utiliser ? Ou il y a un droit d’auteur/trice ?).
Mais, vous m'avez donné l'envie de lire ce livre, notamment à cause des anarchistes... Qu'ils veuillent tout faire exploser, ce fut un lieu commun et çà l'est encore, mais c'est un peu limité comme vision. (Ce n'est pas une critique contre vous, hein?) Que quelques-uns parmi eux l'aient fait, c'est indéniable, mais le « massacre », comparés à ce que les terroristes de notre siècle sont capables…!
Mais il y eut aussi des expériences historiques intéressantes Makhno en Ukraine, Kronstadt, la commune de Paris etc. Et des penseurs, des philosophes... Le géographe Elysée Reclus (par ex. "l'évolution, la révolution et l'idéal anarchiste") bref, si ça vous intéresse, ou un autre lecteur de ce commentaire, vous pouvez consulter ou télécharger des textes ici:
http://membres.lycos.fr/ereca/
Sinon, j'aurais dû le faire avant de commander le bouquin, une rapide recherche sur le site de la bibliothèque municipale de Lausanne donne :
CHESTERTON, Gilbe :Le nommé Jeudi
Auteur(s): CHESTERTON, Gilbert K
Titre : Le nommé Jeudi
Editeur : NRF, 1911
Code : ANG
Exemplaire(s) acquis: DP132805
DP R CHES - 132805 : au rayon à Dépot
*********** fin de titre **********
Ce qui veut dire qu'il s'y trouve, mais à la "cave", et qu'il faut le demander 1-2 jours avant... Teufel, je ne vais pas tout faire, consulter le règlement de cette bibliothèque munie si pâle, de Los-ânes (dont beaucoup de livres intéressant sont à la "cave")...
Une dernière, à propos de Peyre-possens (parce que hein, c’est quoi cette histoire, c’est pour les initiés ?), je ne visais personne avec la décharge publique. Mon frère Lothar et moi dans les années 60 et 70 on visitait la décharge publique, et on y trouvait des vieux gramophones et des 78 tours, et, dans notre HLM, on retrouvait un peu l'ambiance de notre château en Prusse...
Quant aux décharges publiques, je fis à son époque dans une B.D, mais là j'en dis trop (tant pis!) une référence à celles-ci.
Un pandit, ein "terroristen anarchisten" en rupture et en mauvais état, juste avant te ze vaire dékommer au port de cette tégarge, ricanait, z'était à 3 tegrés, und berzonne tan les legteur (beu nompreu) afec ki chais tisguter n'afions zézi talor... ach l'axzent refient, che zui touchour oggubé broggubé par cette Grande Tornade en Formation!
Au refoir Mizziz gom tize les amérigains... unt next to read you

Écrit par : redbaron "machin" etc., | 05/11/2008

C'est bien de me faire sortir de la clandestinité, car c'est dans le besoin qu'on retrouve ses vrais amis.
Je me trouve justement à Phoenix (AZ) pour soutenir un pote à moi, ancien combattant reconverti dans le show biz. Mais les choses tournent mal et je vais tenter de passer la frontière mexicaine pour rejoindre Ignacio Bolomey dans la résistance.

Celle-ci s'organise et vous savez où adresser vos dons (compte "Rabbit" c/o LGT, Banque de la Maison princière du Liechtenstein, Vaduz, FL).

Écrit par : Pierre André Paul Lucien Lazare Lapin du Terrier de la Lapinière, alias "Rabbit" | 05/11/2008

Puis-je vous donner un conseil? Fuyez plutôt en Alaska. J'ai là-bas une excellente amie, Sarah P., (coordonnées suivent) qui aura désormais tout son temps pour vous abriter, vous protéger, vous bichonner. Comme Dieu fait bien les choses, elle partage le même hobby que vous, la chasse à courre, qu'on pratique là bas juché sur un orignal à faire ch... les ours blancs.

Madame Henriette, l'une des meilleures amies de Sarah, s'apprête d'ailleurs à la rejoindre, équipée d'un tromblon qu'elle vient d'acquérir au marché aux puces de Gruyères. Depuis peu, Madame Henriette est aussi créationniste (c'est Géo qui l'a convertie); elle apportera donc à Sarah le cadeau qu'elle bricole avec amour depuis des semaines: une crèche de Noël dans laquelle elle a remplacé l'âne et le boeuf par un ptérodactyle et un diplodocus.

Devant toute cette agitation, ces départs, ces adieux, Géo a la larme à l'oeil. Il vient juste de me glisser, un sanglot dans la voix: "J'espère au moins qu'ils m'enverront une carte postale".

Ce serait la moindre des choses.

Écrit par : Nagolet | 05/11/2008

Si c'est pas l'in, ce n'est pas non plus l'autre.

Je me souviens justement d'une histoire - lue dans je ne sais quelle gazette pipole - où il était question d'une Sarah (qui n'avait rien d'une Blanche Neige), dont les 7 maris (qui n'étaient pourtant pas des petits nains) avaient claqué entre la poire et le fromage le soir des noces.

S'il faut alors passer six mois d'hiver entre votre Henriette et cette Sarah-là, je préfère me retirer au Sahara. Demandez à Gorgol, ou à ses successeurs, ce qu'ils y faisaient.

Mais on s'éloigne du sujet: il était question de transparence et non de transhumance.

Écrit par : P.A:R. | 05/11/2008

Attention, PAR, votre blanquette est sur le feu et cela sent le brûlé...
Vous devriez vous concentrer sur le Château Margaux et cessez de monter sur vos ergots de seigle (et ses sous-produits...).

Gorgol a vu un reportage sur l'esclavage dans ces joyeuses contrées et cela l'a fait bien rire. La soi-disant esclave forcée de quitter son maître pour obéir à la fonctionnaire arabe, l'arrogance incroyable des soi-disants ONGéistes anti-esclavagistes face aux cadres locaux, la débilité mentale des journalistes qui, devant le rapt de la soi-disant esclave, s'étonnent qu'on n'arrête pas son patron...
Mais tout cela doit sûrement plaire au gros con bobo de base...
Vous l'avez vu ?
http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=318901&sid=9883179&cKey=1225876292000

Écrit par : Géo | 05/11/2008

Vous pouvé répetez?

Écrit par : Nagolet | 05/11/2008

Quelques images, tout par hasard, au coin du bar, un soir de cafard; j'ai pris ça pour de la pub solidaire et citoyenne.

L'ex-patron de Green Peace a bien dit que les ONG avaient été inventées pour recycler les marxistes après la chute du Mur de Berlin. Mais à propos du politburo, avez-vous compté le nombre d'envoyés spéciaux de la seule TSR aux USA à l'occasion de l'élection présidentielle ? Plus que la TV chinoise. Je vous laisse calculer le ratio aux 1'000 habitants.

Écrit par : P.A.R. | 05/11/2008

C'est simplement hallucinant, et impossible de savoir à côté de cela ce qui se passe dans le monde. Des heures et des heures de commentaires aussi plats qu'affligeants. Nous sommes débordés, emportés par le tsunami de la connerie des medias suisse romands, et les français sont largement pires. Que faire ? une bonne guerre ? Faire sauter la tour de la télévision ? Av. de la gare 33 (mais on avertira Yseult d'abord...) ? Voter pour l'UDC ? Se jeter en bas du Pont du Fenil tant qu'il est encore temps (les bobos vont construire des barrières pour que l'honnête citoyen ne puisse échapper à leur immense connerie...) ?
Je propose de partir sous des cieux plus cléments. La Chine ne me parait pas du tout attirante, d'ailleurs je vous ai longtemps imaginé coincé sous les décombres de votre palais au Si-Chuan. Relisez la dernière oeuvre de VS Naipaul, vous aurez la solution.

Écrit par : Géo | 05/11/2008

Mais je t’ai déeja dit Géot mobn grand fou je t’en supplie, te mets pas dans ctétat. C’est pas pour trois marxchistes que ça vaut la peine de nous bousiller 700 grammes de mélange gruyèàre tilsit emmental comme t’as déjà fait l’aute soir avec ton caca nerveux perndant la fondue chez les Dubosson même que Jeanine est partie en disant que ça sentzait pas bon et après c’est encore mois qui dois récurer tout le linoleoum. Lis quelqude chose qui te calme ou bien je sais pas, si tu passse4s ce soir qu'est-ce que tu dirais qu'on colorie ensembles Nounou Pingo, Pelly.?

Écrit par : La grande Henriette | 05/11/2008

Bon, voilà, PAR a succombé à ses envies d'ergot. Ce qu'il y a de terrible dans les personnalités multiples, c'est que toutes ne sont pas forcèment sympathiques.

Coucouche panier, La grande Henriette, à la niche. Allez, Pfui, Zuca !
Berk, PAR, vous pourriez pas trouver mieux, dans vos délires ?

Inma, faites quelque chose, c'est votre blog. Ne laissez pas PAR plonger dans ses délires de cette manière, réagissez. Votre blog est hanté, pris en otage, et si j'ai essayé de remonter la pente, je ne le ferai plus jamais si vous ne faites rien. Vous vivrez jusqu'à la fin de vos jours virtuels avec PAR et ses fantômes.

Écrit par : Géo | 05/11/2008

Ce qui est intéressant, dans des cas comme celui-ci, c'est d'avoir la patience de le conduire jusqu'à une situation paroxystique, d'où doit fatalement déboucher quelque chose de nouveau susceptible de modifier la personnalité tout entière. Il peut y avoir du déchet, mais pas en quantité assez importante pour renoncer à l'expérience. Et puis, rien n'indique non plus que le succès n'arrivera pas après plusieurs tentatives.

Dans le bouddhisme Zen (Chan), on appelle cette sorte de "crise" le satori (éveil). Ce qui peut être rapproché de la catharsis aristotélicienne et psychanalytique contemporaine. Mais, dans le cas de notre sujet, le nombre de dédoublements, la fréquence et la régularité de ceux-ci, permettent de pronostiquer une rémission de longue durée, voire même la guérison complète.

Écrit par : Dr Rabbit & Mr P.A.R | 05/11/2008

Bon, parfait, mais par pitié, gardez Henriette et Nagolet à la niche...
Au stade où vous en êtes, vous pourriez nous trouver des autres aspects de votre personnalité...plus...euh...sexy ???

Écrit par : Géo | 05/11/2008

"Des heures et des heures de commentaires aussi plats qu'affligeants"

Tout est dit, je partage votre constat. Du reste, jê préfère éteindre le poste et me plonger dans l'histoire du romantisme allemand ou dans les pensées de Pascal ou la peinture du trecento. Quand on ne peut rien d'autre, l'option de la tour d'ivoire a du moins l'avantage de ne pas polluer l'esprit, jusqu'à la fin de l'avalanche. La presse bobo, qu'elle soit suisse, française, allemande ou américaine se caractérise par son extrême conformisme. De mon point de vue, elle est même salutaire : elle me pousse à aller voir ailleurs.

Écrit par : Inma Abbet | 05/11/2008

Ce qui permet de phantasmer sur ce mythique "ailleurs", qui nous aide à passer les jours et les mois en attendant autre chose. Vous connaissez mon "là-bas" du moment, c'est mon histoire et je l'assume; j'en ai eu tellement au cours de cette vie, que la planète n'est bientôt plus assez vaste pour m'en fournir de nouveaux. Par contre, pour rester dans l'événementiel, le changement constitue bien le Talon d'Achille de la démocratie, valse-hésitation coûteuse en ressources morales et intellectuelles et finissant inexorablement en désillusions. A une autre échelle, ça correspond tout-à-fait au slogan "nouveau" qui accompagne les publicités d'articles de grande consommation.

Est-ce qu'il vous reste encore un croissant ?

Écrit par : P.A.R. | 06/11/2008

Les ailleurs, comme vous le savez, ne sont pas seulement géographiques. Les ailleurs historiques sont des lieux agréables, pour autant que vous ne vous attardiez longtemps dans une seule région du passé. Il y a aussi les ailleurs philosophiques, littéraires et autres no man's land de la pensée. Les ailleurs du monde sont soumis à des altérations de la perception. Certains ont fait l'expérience de l'exiguité soudaine de la maison de leur enfance, qu'on croyait jadis immense, du jardin de citronniers et de figuiers, mystérieux dans le souvenir et devenu un terrain vague des années plus tard.

Pour revenir à l'évenementiel, c'est que dans tout cela il n'y avait pas la moindre trace d'ironie, de perles qui pourraient ressortir plus tard. Rien d'autre qu'un suivisme balourd, qu'une attitude des plus sectaires. A la télévision, c'était pire. Je ne me souviens plus comment traduit-on l'expression espagnole "vergüenza ajena" qui veut dire éprouver de la honte pour le comportement d'un autre. C'est un peu ce que j'éprouvais en regardant sur différentes chaînes, des journalistes qui parlaient des élections sur le ton de celui qui commente un match ou le festival de l'eurovision. Des journalistes qui me semblaient ne pas être là pour informer mais pour encourager leur candidat. Mais il ne faut pas accuser les journalistes, seul maillon visible, sans se demander qu'est devenue l'université. Si lors de toutes les élections les procédés et les attitudes sont les mêmes, l'autre jour le degré de bêtise avait sensiblement augmenté.
Reprendrez-vous un peu de brioche?

Écrit par : Inma Abbet | 06/11/2008

Oui, s'il reste encore de votre délicieuse confiture de mirabelles.

On en a déjà parlé, le tragique dans l'évocation du passé, c'est la nostalgie qui borde des gouffres terrifiants. Dans l'ailleurs inconnu (ou presque), l'attrait réside dans la possibilité de tout découvrir et même de repartir à zéro. J'aime ces récits où un personnage mène plusieurs vies en parallèle (sans tomber dans l'excès où se complaît certain commentateur de ce blog et dont les lecteurs, qui paient leur accès internet, se plaignent ouvertement auprès d'Edipresse).

Écrit par : P.A.R. | 06/11/2008

Chez Stevenson, que vous avez indirectement cité, les vies parallèles sont concurrentes, opposées et l'une est toujours vouée à détruire l'autre. Les possibilités d'être un autre appartiennent traditionnellement au domaine de l'inquiétant. Dans de nombreux contes un personnage peut se transformer en loup à la tombée de la nuit, ou en biche ou en oiseau, et sa transformation représente toujours une menace pour lui-même et pour les autres. Cela montre que la peur du secret et du masque est vieille comme le monde.

Écrit par : Inma Abbet | 06/11/2008

Cela dit, je pense maintenant à approfondir ce sujet au lieu de lancer prochainement un autre.

Écrit par : Inma Abbet | 06/11/2008

A part l'ailleurs inconnu et inquiétant, ou les transformations aléatoires, il y a encore la possibilité que le temps se mette en boucle et fasse vivre à l'infini la répétition de mêmes événements aux mêmes personnes.

Comme dans le livre de Ken Grimwood, intitulé "Replay", dont j'ai trouvé ce résumé: " The possibility of traveling back in time to relive one's life has long fascinated science fiction writers. Without a single gesture toward an explanation, this mainstream novel recounts the story of a man and a woman mysteriously given the ability to live their lives over. Each dies in 1988 only to awaken as a teenager in 1963 with adult knowledge and wisdom intact and the ability to make a new set of choices. Different spouses, lovers, children, careers, await them in each go-round of the past 25 years, as well as slightly altered versions of world events. Their deep commitment to one another continues through the centuries of their many lifetimes."

L'intérêt de ce livre réside dans la façon dont les héros vont faire face à la situation (la subir, l'étudier, l'apprivoiser, puis la maîtriser), quels choix de vie(s) ils vont successivement tenter (par hasard, par désoeuvrement, par jeux ou dans un but précis), pour arriver à dépasser les contraintes qu'ils savent devoir affronter à chaque tour de manège, et trouver enfin une porte de sortie.

Écrit par : P.A.R. | 06/11/2008

C'est vrai que de nombreux abonnés d'Internet et utilisateurs du Caquètodrome d'Edipresse se plaignent de Géo. 24 Heures a d'ailleurs créé un département chargé de surveiller ce qu'il baragouine, un autre d'effacer les horreurs qu'il profère et un troisième de rédiger des messages comminatoires lui demandant de se comporter de façon urbaine et conviviale.

C'est le bon côté de l'homme, auquel seront sensibles les âmes de gauche que vous êtes: il crée des emplois (234 collaborateurs rien que pour lui dans le staff Edipresse), au même titre que les camps de travail, de concentration et de rééducation créent des postes de travail.

A ces messages d'admonestation, Géo répond généralement par mille courbettes, s'excusant d'avoir failli aux règles de la maison, jure qu'il ne recommencera plus (longues missives qui nécessitent la mobilisation d'une quatrième équipe de collaborateurs, mais ceux-ci travaillent de nuit, donc on n'en parle pas), puis, emporté par sa nature joviale, optimiste et fraternelle, il recommence sans tarder à creuser son sillon favori en grommelant comme le SDF de la Place St-François.

La seule chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous le voyez emprunter "plusieurs vies". Géo n'en a qu'une. Elle est monolithique comme la pierre d'Unspunnen.

Écrit par : Nagolet | 06/11/2008

Rien de plus qu'un discours électoral de plus sur le mode citoyen et solidaire, à faire pleurer dans les chaumières !
A vous de nous prouver l'existence de Géo, ensuite nous vous écouterons...

Écrit par : P.A.R. | 06/11/2008

Chers PAR, Gde Henriette et petit Nagolet et autres personnalités associées,

Vous trouverez sans trop de peine dans la rubrique "Schizophrénie" du Larousse médical 1918 cet avertissement : "il faut absolument faire comprendre à la personnalité principale d'un dissocié mental qu'il doit prendre la main sur ses personnalités subalternes."
Il me semble que PAR commence à perdre pied face à l'inquiétant Nagolet. La grande Henriette, le côté féminin de PAR, semble très caricatural : une vieille haine des femmes qui remonte à la tyrannie maternelle ? PAR, relisez SVP "les enfants de Jocaste" de Christiane Olivier.

Mais Nagolet...
L'aventurier que vous auriez voulu être ? L'être accroché aux réalités concrètes que l'intello PAR voudrait fuir (comme Inma, par ailleurs...) ?

Écrit par : Géo | 06/11/2008

Inma! Au secours! Géo me chicane. Faites quelque chose!
(Sinon j'arrête d'essayer de remonter ce blog le long de la dérupe.)

Écrit par : Nagolet | 06/11/2008

C'est bon signe. Le démon se débat dans le corps de ce pauvre PAR ! Vade retro, Nagolet, expression de celui qui divise (c'est le cas de le dire !!!), esprit du Malin pas malin, vieux vestige de l'esprit de Banago frère de l'esprit du Cenovis, frère de O'Vomal Tine (de Khon Flan) !

Inma, si cet esprit malin réapparaît, mettez le en évidence et clicquez sur "delete" ou "supprimer" selon la version de gestion de votre ordinateur. Puis videz le dossier "éléments supprimés". Tout le monde s'en portera mieux...

Écrit par : Géo | 06/11/2008

Et si nous faisions la paix, Géo? Si nous venions l'un vers l'autre, fraternellement, et nous donnions une e-accolade?

D'une part, je crois effectivement que nos querelles importunent les blocuteurs (de "blogos", le blog, et de "locuteur", celui qui locute).

Ensuite, je suis si heureux de voir que vous me reparlez. Il y a encore quelques semaines, vous vous blottissiez dans le silence, comme la marmotte dans le nid douillet à l'approche des frimas, après chacune de mes interventions, si remarquable qu'elle fût et elles le furent toutes.

Aujourd'hui, oui, vous me reparlez, vous re-locutez le nagolet. Vous voyez que la thérapie a fait son oeuvre! J'en suis si fier que j'arpente désormais les couloirs de la clinique en bombant le torse de ma blouse blanche.

D'accord, tout cela relève d'un langage un peu scientifique, mais il ne devrait guère vous désorienter puisque vous nous dites potasser maintenant le Larousse médical de 1918. Surtout, quand vous l'aurez terminé, n'oubliez pas de le rendre au Dr. PAR.

Alors? Qu'en dites-vous? Tope-là, mon gaillard?

Écrit par : L'inquiétant Nagolet | 06/11/2008

Bouge pas trop, mon grand Nagolet, bouge pas trop. Tu es juste dans la lunette et ma vue n'est plus ce qu'elle était..., la lumière baisse et ma carabine n'est pas à répétition...

Écrit par : Géo | 06/11/2008

Bon, je suis de retour et je vois que rien ne s'améliore ici. Quand j'en aurai assez je bannirai une certaine IP.

Écrit par : Inma Abbet | 06/11/2008

Je l'ai déjà dit, mais il convient de le rappeler : j'interviens rarement par manque de temps. Je ne contrôle pas les allées et venues sur mon propre blog et je ne censure personne, les hors-sujet et les pseudonymes sont acceptés. Mais si cela prend une tournure désagréable, je n'hésiterai pas à supprimer des commentaires ou des adresses IP.

Écrit par : Inma Abbet | 06/11/2008

Houlala! Menaces de musellement et menaces physiques, façon redneck, de se faire descendre à coups de fusil... Le temps est venu de reprendre mon balluchon et la route.

Mais merci quand même pour la halte sur votre terrasse! Elle a souvent été ensoleillée et je m'y suis bien marré.

Écrit par : Nagolet | 07/11/2008

Tiens, vous êtes encore là? Et vous n'êtes pas content, en plus? Cela tombe bien, moi non plus.

Écrit par : Inma Abbet | 07/11/2008

Si les pseudonymes favorisent la communication, l'excès de pseudonymes l'entrave. Il faut que A parle à B, peu importe comment A et B se font appeler, autrement la parole ne passe plus, et c'est précisement ce qui arrive ici. Aussi, vos accusations d'intolérance ne montrent que votre mauvaise foi, car vous savez bien que j'ai permis à tout le monde de s'exprimer librement, mais si votre désir est uniquement de tourner en rond... Vous pouvez continuer, si cela vous fait plaisir.

Écrit par : Inma Abbet | 07/11/2008

Mettez-y une claque, au Jean-Pierre, et qu'il arrête de faire le mariole sur ces blogs.

Écrit par : Roland | 07/11/2008

Mais non, P.A.R., je ne mets de claque à personne ici. Je vois que tout le monde s'exprime librement et je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas de même.

Écrit par : Inma Abbet | 07/11/2008

J'aurais voulu répondre à deux commentaires, mais le blog était déjà plein de bisbilles, taquineries et autres asticotages, sans oublier que pour que les blagues restent drôles, il faut veiller à ne point souvent répéter les mêmes. A présent je m'en vais écrire un autre billet

Écrit par : Inma Abbet | 07/11/2008

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