22/03/2012

La beauté des natures mortes

A propos de : Le Livre des enfants, d’A.S. Byatt

Les natures mortes m’ont toujours intriguée. C’est une question de temps. En voyant des objets à la fois fragiles et figés, des tulipes, des fruits et des légumes à la surface tendue, veloutée, je me dis que le moment où ils ont été ce que le tableau reflète a été très éphémère. La nature morte représente un instant fixe, mais les éléments qui la composent sont en constant devenir, risquent de se gâter assez rapidement (ou d’être mangés ou utilisés). Ce qui est en réalité une image du mouvement tout ce qu’il y a de plus fugace prend des airs solennels, demeure immobile et silencieux par-delà les âges ; ce qui est offert dans tout son réalisme est le plus souvent imaginaire –Les plus somptueuses natures mortes flamandes du XVIIe siècle ont été peintes à des époques de disette- . La nature morte, c’est la volonté d’attraper le temps dans un filet à papillons. Et c’est l’impression que j’ai eu en lisant  Le Livre des enfants, d’A. S. Byatt, un long récit à tiroirs, avec un grand nombre de personnages qui grandissent, allant de l’âge d’or à l’âge d’argent, en multipliant les voyages et les expériences amoureuses et sexuelles dans l’Angleterre des années 1900. [SUITE]

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