10/04/2012

Triangles


À propos de Le Mouvement pendulaire, d’Alberto Mussa

L’idée d’un nombre limité de thèmes dans la littérature de fiction, de quelques structures de base pouvant subir d’innombrables variations et combinaisons pour former des récits, apparaît au moins en une occasion chez Borges, qui définit quatre histoires possibles « Les histoires sont quatre. L’une, la plus ancienne, est celle d’une forte cité qu’encerclent et défendent des hommes braves […] Une autre histoire, qui est liée à la première, est celle d’un retour […] La troisième histoire est celle d’une recherche […] La dernière histoire est celle du sacrifice d’un dieu. » [1] La bibliothèque infinie serait ainsi composée de variantes de ces thèmes. Cette idée est mise en scène et développée dans Le Mouvement pendulaire d’Alberto Mussa, ouvrage inclassable qui affiche « roman » comme sous-titre, mais qui se compose d’une série de récits voués à définir un thème romanesque majeur : les triangles amoureux.

Issus de différentes mythologies et traditions littéraires grecques, égyptiennes, amérindiennes, finlandaises…, les triangles entraînent nécessairement la transgression et la lutte pour le pouvoir. Cela commence d’ailleurs par le vol du feu. Car, au-delà des histoires d’adultère, le triangle possède un aspect guerrier indéniable et les mouvements qui le transforment doivent beaucoup à des stratégies faites de duplicité et d’ambigüité, d’après les angles dans lesquels les personnages se situent, qui ne sont pas sans rappeler les préceptes de Sun Tzu. [SUITE]

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