10/07/2014

L’Europe de Coppet. Essai sur l’Europe de demain

À propos de L’Europe de Coppet. Essai sur l’Europe de demain, de Paolo Garonna

 

"Aujourd’hui, le thème des espaces de liberté se représente avec force et urgence face à la crise évidente de l’Europe de Napoléon, celle de l’interventionnisme public, de l’hyperréglementation, des conflits de pouvoir et d’intérêt entre les Etats et des difficiles accords intergouvernementaux entre des Etats-nations en déclin. Ce thème est également d’actualité face aux résurgences autoritaires du patriotisme économique et de l’hypertrophie de la bureaucratie. Du côté positif, on voit s’établir aujourd’hui une Europe des peuples, des citoyens et des entreprises, construite par la base sans les Etats nationaux et souvent contre ces derniers." (L’Europe de Coppet p. 31)


L’extraordinaire production intellectuelle du groupe de Coppet, dans sa dimension libre, informelle, et surtout en décalage avec son époque, -le château lémanique et ses hôtes, qui représentaient il y a deux siècles le centre des périphéries européennes et la réflexion sur la liberté individuelle dans un monde qui allait transformer l’aberration révolutionnaire en totalitarisme impérial ou en nationalisme- peut devenir un ensemble d’outils capable d’inspirer les politiques européennes actuelles. Il faut plonger dans ce passé pour construire l’avenir de l’Europe, afin de redécouvrir la pertinence et l’actualité de la pensée de Necker, de Mme de Staël, de Benjamin Constant ou de Sismondi, dans des thèmes comme la démocratie, le fédéralisme, le rôle de la société civile, les réformes, l’égalité politique entre les hommes et les femmes ou la décadence des États-nations. Ces derniers,  dont le caractère problématique se manifestait déjà à l’époque, se révèlent actuellement peu capables de répondre efficacement aux défis de la mondialisation en matière de compétitivité et de leadership. Le groupe de Coppet a développé une conception de l’Europe qui peut être pourtant utile dans le contexte de nos jours. C’est du moins l’idée que Paolo Garonna développe dans cet ouvrage où il est question, à travers un va-et-vient entre passé et présent, de l’héritage de Coppet, avec ses multiples facettes, jusqu’aux projets de constitution européenne désavoués par les peuples, en passant par une intéressante extrapolation, pas si lointaine de l’esprit de Coppet, et qui complète le puzzle de l’identité européenne : la définition de l’amour courtois et de ses valeurs fondatrices d’une nouvelle société dans L’Amour et l’Occident de Denis de Rougemont.


 Les acquis de Coppet sont ici explorés en quatre thèmes principaux, qui renvoient aux questions de l’actualité, celles de la crise économique, institutionnelle, identitaire, que subit l’Europe. L’échec des projets de constitution des années 2000 avait mis en évidence la dissonance entre les aspirations et les besoins d’une bonne partie de la population et les recettes proposées par les gouvernements. Ces thèmes sont la liberté (ou la place de l’individu dans la société et les institutions) ; les nations (à ne pas confondre avec les États) ; l’égalité entre les hommes et les femmes et la modernisation sociale (dans le rejet des fondamentalismes et la mise en valeur des rôles positifs de la famille et de la religion), et enfin les reformes, sujet essentiel pour échapper au maximalisme révolutionnaire, prélude à l’emprise des États totalitaires.


(Suite) http://inma-abbet.blogspot.ch/2014/07/leurope-de-coppet-essai-sur-leurope-de.html

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