30/07/2007

Sur un roman de Hella S. Haasse

Dans l'oeuvre de Hella S. Haasse, les multiples sources d'inspiration, qui vont de la pensée antique jusqu'à l'histoire récente de l'Europe, en passant par le Siècle des Lumières français et la période coloniale néerlandaise, enrichissent singulièrement des récits où la complexité de l'intrigue est indissociable de l'arrière-plan culturel. L'Histoire et la mythologie sont ainsi deux éléments essentiels des trames romanesques qui montrent la profonde influence du rêve et de l'irrationnel sur le réel. De ses romans, les Routes de l'imaginaire (1) est pour moi l'un des plus accomplis, peut-être parce que l'on se retrouve face à un alliage de genres original, où des forces primitives font irruption dans le monde paisible des vacances familiales, où les mythes grecs de mort et de renaissance surgissent au tournant d'une intrigue contemporaine. Roman psychologique, récit fantastique ou nouvelle policière, les différents genres imbriqués font partie d'une architecture qui mêle savamment l'action et l'introspection. Le mystère apparaît dès le début lorsque Maya, femme au foyer et ancienne journaliste, est troublée par le comportement de Klaas, son mari, qui délaisse sa famille et son métier dans la recherche secrète d'une chimère poétique : l'oeuvre d'un écrivain oublié et génial, dont la biographie pose un épineux problème d'dentité. Ensuite, le couple part, avec ses trois enfants, dans le sud de la France, où Klaas doit rédiger un roman policier sur commande. Une panne de voiture oblige Maya et les enfants à continuer leur route auprès de Joop, chauffeur routier qui possède une collection de récits plus inquiétants les uns que les autres, récits qu'il raconte pour divertir ses passagers, mais qui sont aussi une réinterprétation fantastique de sa propre vie. Il y a, dans les romans de Haasse, un désir de se consacrer à l'essentiel, de fléchir le cours de l'histoire, de trouver la source cachée(2) des motivations individuelles, amoureuses, littéraires ou autres. Poètes, conteurs, rêveurs se donnent rendez-vous pour créér un monde à part, qui suit sa propre logique et finit par envahir la réalité.

 

(1) Les Routes de l'imaginaire, de Hella S Haasse a été publié en français chez Actes Sud en 1996 (traduit du néerlandais par Annie Kroon) Le titre original est De Wegen der verbeelding (paru en 1983).

 

(2) La Source cachée est le titre d'un des premiers romans de Hella S. Haasse. D'autres romans du même auteur : En la forêt de longue attente, (à propos de Charles d'Orléans) Une Liaison dangereuse (suite des aventures de Madame de Merteuil, héroïne de Laclos) et l'Anneau de la clé (histoire d'amitié dans une ancienne colonie des Indes néerlandaises).

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25/07/2007

Le lapin blanc

Quelques images de Blanchon, le beau lapin avec des allures de lièvre blanc; espiègle, curieux, joueur, mais aussi calme et admirablement silencieux. Amateur de blé, de salade et de pommes. Blanchon a trois ans et quelques mois.

 

All things that love the sun are out of doors;
The sky rejoices in the morning's birth;
The grass is bright with rain-drops;--on the moors
The hare is running races in her mirth;
And with her feet she from the plashy earth
Raises a mist, that, glittering in the sun,
Runs with her all the way, wherever she doth run.

 

Extrait de Resolution and Independence de William Wordsworth (1770-1850)

 

 

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23/07/2007

Marguerite Yourcenar et Le labyrinthe du monde

 

Parce que les vacances sont longues sans lecture, il est temps de redécouvrir l'oeuvre de Marguerite Yourcenar (1903-1987), romancière, poète, essayiste et académicienne française née à Bruxelles, auteur de romans historiques comme Mémoires d'Hadrien et L'oeuvre au noir, mais aussi du labyrinthe du monde, suite inclassable et fascinante, qui tient de l'autobiographie, du roman et du travail d'historien. Le labyrinthe se divise en trois volumes : Souvenirs Pieux (1974), Archives du Nord (1977) et Quoi? L'Eternité (1987). Dès de début des années 1970 et jusqu'à la fin de sa vie, Marguerite Yourcenar a exploré son passé familial, une histoire qui prend sa source dans les souvenirs du père de l'auteur, Michel, personnage principal des trois livres. Michel devient un personnage de fiction, et le récit de ses aventures est à la fois intimiste et distant, car le narrateur se met littéralement à la place de Michel, en ajoutant des digressions sur le contexte historique qui décrivent son univers culturel (les voyages, les beaux livres, les femmes, un certain détachement affectif et une certaine mélancolie). Aussi, l'ouvrage contient des anécdotes réellement autobiographiques concernant les différents séjours de Marguerite Yourcenar en Europe et son combat en faveur de la protection de l'environnement. Parfois, un épisode réel connaît un dévéloppement romanesque dans une démarche, voulue et consciente, d'assimilation du passé dans le remplacement des parties manquantes du récit par des possibilités vraisemblables ; ce qui a été devient ce qui aurait pu être.(1) Cette démarche originale enrichit singulièrement l'oeuvre, car les lieux et les temps peuvent se télescoper afin d'illustrer un propos. Par exemple, d'un long séjour dans le Midi, pendant son enfance, l'auteur retiendra une première vision de la méditerranée qui sonne comme une anticipation de ses oeuvres littéraires à venir. (2) Dans tout cela, il n'y a aucune confusion, car le style demeure limpide, précis, parsemé ici et là d'expressions savantes ou de références littéraires; mais la qualité principale du Labyrinthe du monde est peut-être d'avoir su si bien évoquer, en essayant de le comprendre, et sans la moindre complaisance, un monde disparu. L'auteur s'efface volontairement au début de Souvenirs pieux, qui commence avec une phrase qui met l'accent sur cette distance que l'auteur établit avec ses personnages : "L'être que j'appelle moi vint au monde(...)" (3). L'auteur et le personnage partagent le même prénom, les mêmes parents, la même date de naissance, mais une distinction subtile est faite entre la petite fille et la narratrice adulte, celle de l'expérience face à la perplexité ou l'émotion qui jaillit découvertes enfantines, celle de la connaissance, celle du présent qui tente de rentrer dans ce pays étranger qui est le passé.

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(1) Il m'arrivera sans doute comme je l'ai déjà fait parfois, très exceptionnellement, au cours de ces chroniques, de remplir un blanc, ou de souligner un trait à l'aide de précisions empruntées à d'autres personnes, ayant avec Jeanne une ressemblance au moins de profil, ou de profil perdu, ou placées dans des circonstances à peu près analogues, qui authentifient celles où elle a vécu. (Quoi? L'Éternité, Gallimard, 1988.)

(2) Cette mer à la fois humaine et divine, par laquelle les corps à demi nus, à peine moins sinueux eux-mêmes que des vagues, se laissent à la fois caresser et porter, je n'allais l'apprécier que plus tard, aux abords de l'adolescence, à l'époque où pour moi la sensualité s'éveillait. N'importe : une première couche bleue avait été déposée en moi; enrichie du souvenir d'autres côtes méditerranéennes, elle allait un jour m'aider à retrouver la mer d'Hadrien, la mer de l'Ulysse de Cavafy. (id.)

(3) L'être que j'appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers les 8 heures du matin, à Bruxelles, et naissait d'un Français appartenant à une vieille famille du nord, et d'une Belge dont les ascendants avaient été durant quelques siècles établis à Liège, puis s'étaient fixés dans le Hainaut. La maison où se passait cet événement, puisque toute naissance en est un pour le père et la mère et quelques personnes qui leur tiennent de près, se trouvait située au numéro 193 de l'avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d'années, dévorée par un building. (Souvenirs pieux, Gallimard, 1974)

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20/07/2007

Mimétisme

Mimétisme : terme d'histoire naturelle. Faculté qu'ont certains animaux de prendre une apparence conforme aux objets qui les entourent. Du grec, Imiter (Littré)

 

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18/07/2007

The Beldonald Holbein, nouvelle de Henry James

Lady Beldonald brille de tous ses feux à Londres, et sa beauté bénéficie d'un repoussoir adéquat, la terne Miss Dadd. Lorsque celle-ci tombe malade, Lady Beldonald fait venir en Europe une vague parente américaine, Mrs. Brash, pauvre et provinciale, dont le rôle est de parfaire l'éclat de sa protectrice, en échange d'une vie luxueuse(1). Mais rien ne se passera comme prévu, car les amis de lady Beldonald trouveront chez Mrs. Brash un visage digne d'un tableau de Holbein. Soudain, les artistes veulent la rencontrer, peindre son portrait. Invitée dans les cercles les plus exclusifs, la suivante laide prendra ainsi pour un temps la place de la belle maîtresse.(2) Cette histoire d'arroseur arrosé fait partie des nouvelles de Henry James qui ont pour cadre la société complexe et fascinante, en partie composée d'Américains installés en France ou en Angleterre, un milieu cosmopolite et cultivé, déraciné et impregné de culture européenne ; un milieu traversé par les courants troubles de la jalousie et de la rivalité qui s'expriment sur le plan artistique, où sévissent le snobisme l'obsession du paraître. Dans ces nouvelles, le narrateur est souvent peintre, et l'art du portrait agit comme un révélateur importun de ce qu'on préfère cacher.(3) The Beldonald Holbein pose également, d'intéressantes questions à propos des rapports entre art et pouvoir, sujet qui hante l'oeuvre de James et qui a donné lieu à de nombreux dévéloppements critiques (4)

Dans The Beldonald Holbein, le jugement esthétique dépend de l'opinion d'une autorité aussi changeante que capricieuse, d'une tendance qui s'installe pour déboucher sur une suite d'imitations, mais aussi d'évolutions subtiles. L'art de James a souvent été comparé à celui de Proust, par son exploration des intermittences du coeur et par les ramifications des préférences et des affinités esthétiques, parfois inattendues. L'étrangeté et les surprises de l'expérience artistique sont traités avec une ironie sereine mais impitoyable. L'expérience artistique peut surgir dans un contexte banal ou grotesque. Après tout, c'est dans le salon des Verdurin qu'on peut écouter la sonate de Vinteuil (5). Aussi, le jugement esthétique obéissant à une norme comprise par tous est la marque d'une société sans fissures, où chacun connaît exactement sa place. Dans ce contexte, afficher des préférences divergentes tient de la témérité. Mais il arrive que le lien entre esthétique et pouvoir soit rompu et que la contestation artistique devienne une nouvelle tendance à suivre. Lorsque le goût n'est plus imposable de manière absolue, le pouvoir connaît une crise. La chute de Lady Beldonald débute au moment où elle commet une faute de goût, en ne sachant pas ce qui est à la mode dans son milieu, en faisant imprudemment venir Mrs Brash, qui devient une rivale malgré elle. (6) Néanmoins, le déclin sera de courte durée, car elle s'empressera de renvoyer Mrs Brash en Amérique. Le narrateur prendra sa revanche en réalisant le portrait de Mrs Brash. L'idée de la supériorité du jugement de l'artiste sur celui du commanditaire apparaît ici clairement.

La peinture sert de référence intemporelle et intertextuelle à l'intrigue. Dans The Beldonald Holbein, le narrateur évoque également le style du Titien. Aussi bien Hans Holbein le Jeune que le Titien ont été des peintres de cour, spécialisés dans les portraits des rois et des reines, des aristocrates et des ambassadeurs, à la même époque. Tous deux ont su exprimer l'individualité des visages, souvent cachés au milieu des joyaux et des vêtements d'apparat. Dans leurs tableaux, la distiction entre la figure de l'homme et celle du souverain devient perceptible. D'une part, il y a les symboles du pouvoir, d'autre, des figures austères mais expressives. Le peintre, chez Henry James, est une variante du narrateur omniscient, non pas parce qu'il sait tout sur les personnages, mais parce qu'il est capable de voir les autres comme ils sont et comme ils devraient être ; il est capable de distinguer la vérité de l'imposture, l'authentique de la contrefaçon. La fin de la nouvelle met l'accent sur cette vérité de l'oeuvre comme réalité définitive en racontant la triste fin de Mrs Brash et le destin du tableau qui la représente, mais la vérité esthétique n'aura que peu d'influence sur Lady Beldonald, qui restera la seule à pouvoir commander des portraits suffisamment flatteurs.

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Henry James, The Beldonald Holbein, 1901, Kessinger Publishing, 2004

1-(...)they serve as foils, as accents serve on syllables, as terms of comparison. They make her ‘stand out.’ It’s an effect of contrast that must be familiar to you artists; it’s what a woman does when she puts a band of black velvet under a pearl ornament that may, require, as she thinks, a little showing off.

2-We had neither of us ever before seen that degree and that special sort of personal success come to a woman for the first time so late in life. I found it an example of poetic, of absolutely retributive justice; so that my desire grew great to work it, as we say, on those lines.

3-Dans la nouvelle The real thing, un couple d'aristocrates désargentés apparaissent comme trop parfaits pour servir de modèle à un peintre qui cherche précisement à représenter la noblesse et qui préfère les employer dans des rôles de domestiques, leur caractère "authentique" ne pouvant pas être reflété. Dans The liar, c'est la représentation de l'hypocrisie et de la vanité qui conduit un couple à détruire un tableau qu'ils ont pourtant commandé.

4- On peut citer Henry James and the Art of Power, Mark Seltzer, 1984, et, plus récemment, l'ouvrage de Collin Meissner Henry James and the Language of Experience. Aussi, dans The Art of Fiction, essai paru en 1884, Henry James parle du pouvoir de l'artiste en ces termes "power to guess the unseen from the seen, to trace the implication of things, to judge the whole piece by the pattern" (cité par C. Meissner, Henry James and the Language of Experience)

5- Or, quelques minutes à peine après que le petit pianiste avait commencé de jouer chez Mme Verdurin, tout d’un coup après une note haute longuement tenue pendant deux mesures, il vit approcher, s’échappant de sous cette sonorité prolongée et tendue comme un rideau sonore pour cacher le mystère de son incubation, il reconnut, secrète, bruissante et divisée, la phrase aérienne et odorante qu’il aimait. Et elle était si particulière, elle avait un charme si individuel et qu’aucun autre n’aurait pu remplacer, que ce fut pour Swann comme s’il eût rencontré dans un salon ami une personne qu’il avait admirée dans la rue et désespérait de jamais retrouver. A la fin, elle s’éloigna, indicatrice, diligente, parmi les ramifications de son parfum, laissant sur le visage de Swann le reflet de son sourire. Mais maintenant il pouvait demander le nom de son inconnue (on lui dit que c’était l’andante de la sonate pour piano et violon de Vinteuil), il la tenait, il pourrait l’avoir chez lui aussi souvent qu’il voudrait, essayer d’apprendre son langage et son secret. (Un amour de Swann)

6-The famous "irony of fate" takes many forms, but I had never yet seen it take quite this one. She had been "had over" on an understanding, and she wasn’t playing fair. She had broken the law of her ugliness and had turned beautiful on the hands of her employer. More interesting even perhaps than a view of the conscious triumph that this might prepare for her, and of which, had I doubted of my own judgement, I could still take Outreau’s fine start as the full guarantee—more interesting was the question of the process by which such a history could get itself enacted. The curious thing was that all the while the reasons of her having passed for plain—the reasons for Lady Beldonald’s fond calculation, which they quite justified—were written large in her face, so large that it was easy to understand them as the only ones she herself had ever read.

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12/07/2007

Nous sommes tous des personnages de fiction

 

Si vous cherchez un livre pour l'été, et si vous acceptez le risque d'être surpris, osez Niebla (Brouillard), de Miguel de Unamuno. Le héros de ce roman publié en 1914, Augusto Pérez, jeune homme falot, tombe amoureux de la belle Eugenia, qui le trompe sans états d'âme. Le chagrin d'amour conduit Augusto à vouloir se tuer, mais, avant de mourir, il décide de rendre visite à l'auteur d'un essai sur le suicide, qui n'est autre que le professeur Unamuno, à Salamanca.

La rencontre du personnage avec son créateur dans un jeu de miroirs narratif où l'on discute des notions de destinée et de libre arbitre, apparaît déjà dans Don Quichotte et influence toute la littérature hispanique ultérieure, du théâtre de Calderon aux nouvelles de Borges. Le doute jeté sur la vraisemblance du récit ou sur le narrateur, qui est à la fois dedans et en dehors de l'histoire, offre de nombreuses possibilités d'interprétation. Ce jeu exige la participation du lecteur qui peut s'égarer dans cette mise en abyme où les rêves sont enchâssés les uns dans les autres à la manière d'une poupée russe. Dans Brouillard, le personnage apprend qu'il n'est qu'un rêve du romancier, mais le romancier étant lui-même un personnage fictif, qui rêve de qui, dans ce cas? Et qui a le pouvoir de faire mourir l'autre? Le romancier qui se prend pour Dieu se prend-il au piège de l'imagination? Car le narrateur nous rappelle qu'un romancier ne peut pas faire ce qu'il veut de ses personnages, le récit possédant une logique interne. Les références littéraires que l'on peut retrouver dans Brouillard concernent Don Quichotte, mais aussi La Celestina et surtout La vie est un songe, dont le souvenir apparaît dans le débat entre Augusto et Unamuno à propos de la liberté lors qu'on est "le rêve d'un autre". La vie humaine ne serait qu'une histoire imaginaire, proposition prise à la lettre dans Brouillard, où des lecteurs continueront de faire vivre le rêve du romancier longtemps après sa mort en rêvant à leur tour. Pour Unamuno, philosophe agnostique qui ne concevait pas la religion en tant que doctrine mais en tant que recherche individuelle, constamment attaquée par le doute, la vraie vie consiste a acquérir la conscience de soi, c'est-à-dire, à sortir du brouillard des sentiments, du temps, de la vie quotidienne et de tout ce qui semble important. La conscience de soi n'apaise en rien l'angoisse devant la mort ; elle ne donne davantage la clé d'une croyance religieuse naïve et rassurante, mais elle s'impose comme l'unique hommage possible à la figure pascalienne du Deus Absconditus, le Dieu caché.

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28/06/2007

Au-dessus de Lutry

Au-dessus de Lutry, un soir de mai.

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