24/11/2012

In & O.

À propos de Intrusion, de Natsuo Kirino

 

Je dois avouer que, dans le domaine littéraire, les histoires d’amour m’ennuient en général. Elles me semblent lentes, prévisibles, banales et peu audacieuses. Dans les pires cas, elles me font penser à ces gens qui parlent au téléphone dans le train, de manière à être entendues de tous les autres passagers, et qui s’offusqueraient cependant si vous intervinssiez dans leur conversation, privée, mais exhibée en public.  Quand on se demande, « mais y a-t-il de quoi faire tout un plat », vaut-il mieux abandonner la lecture? Pourtant, on aurait tort, parfois. On aurait tort de renoncer à certaines bifurcations surprenantes, aux jeux troubles du mensonge autobiographique et aux possibilités cachées de ce qui paraît évident. Le roman de Natsuo Kirino Intrusion mène ainsi d’une façon chestertonienne – Rendez visible ce que vous souhaitez cacher, les autres n’y verront que du feu- une quête littéraire autour d’une histoire d’amour d’apparence banale, de deux histoires d’amour, en réalité. Tamaki est une romancière qui commence à trouver sa liaison avec Seiji, son éditeur, trop mélancolique et sans avenir. Ses recherches en vue de composer un récit biographique sur un écrivain décédé quelques années plus tôt, Midorikawa, lui permettent d’échapper aux pesanteurs de sa vie et aux doutes après la séparation. Mais Tamaki va très vite se prendre au jeu et trouver dans le roman autobiographique de Midorikawa, intitulé Innocent, un personnage féminin, désigné uniquement par l’initiale O., qui ne semble correspondre à aucune des femmes qu’il a jadis fréquentées. On nous apprend qu’Innocent a été autrefois un texte scandaleux, mettant en scène de manière crue la vie privée de l’écrivain, le triangle formé par Midorikawa, son épouse Chiyoko, et O., sa maîtresse, aussi mystérieuse que raffinée. Midorikawa se décrit lui-même comme un homme instable, infidèle et ne cherchant que son propre plaisir. Chiyoko est une femme fruste, mal habillée, qui s’exprime dans le dialecte de Hokkaido et fait constamment des reproches à son mari. Pour sa biographie, Tamaki a besoin de savoir qui a pu servir de modèle à O., mais elle se retrouve avec plusieurs candidates possibles, toutes assez éloignées de la femme sophistiquée, habillée à l’occidentale, décrite dans le roman. Il y a bien une certaine Yumi, présente dans certains milieux littéraires, que tout le monde semble avoir détestée, mais les recherches de Tamaki ne font ressortir aucune ligne claire, aucune vérité qui puisse être superposée au discours romanesque. Et si Midorikawa avait tout inventé ? Et qui est l’innocent du roman ? L’un des personnages affirme que l’innocent est “celui qui meurt”, donc celui qui ne peut plus donner sa version et qui reste définitivement, dans l’imaginaire collectif, enfermé dans l’univers de la fiction. Un entretien avec Chiyoko donnera à Tamaki quelques  clés finalement inutilisables, qui lui montreront qu’il ne faut pas chercher des informations vérifiables dans un univers littéraire. À partir de situations réelles, l’écrivain développe une voie particulière où les rapports entre la littérature et la vie se croisent et se brouillent. La biographie est ainsi un excellent piège pour les amateurs de certitudes.

 

Intrusion, de Natsuo Kirino, traduit du japonais par Claude Martin, Seuil  2011

 

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29/10/2012

Mirages de l'immortalité

A propos de Devenir immortel, et puis mourir, d’Eric Faye

Les nouvelles d’Eric Faye ont une qualité mystérieuse ; on dirait qu’elles racontent trop ou pas assez, et qu’une réponse simple –mais implicite- jaillit d’une question complexe et patiemment élaborée, pour autant que le lecteur se laisse prendre dans un réseau d’indices ténus ou ambigus. Et on s’y laisse envelopper avec plaisir dans ce style où la froideur fait précisément ressortir l’émotion, où l’essentiel est quelque part égaré dans les banalités. La question complexe est ici celle de l’immortalité, cherchée aussi bien par un écrivain anonyme, que par le jeune Kafka, par un empereur chinois ou par un scientifique français qui souhaite plus que tout au monde apercevoir la silhouette fuyante du Mont Fuji.

Dans les deux premières nouvelles, la quête de l’immortalité littéraire est gênée par des évènements externes. Ni l’écrivain anonyme ni Franz Kafka n’arrivent à écrire, le premier dérangé par des bruits étranges, le second par son travail. Aucun des deux ne peut réellement devenir écrivain, transformer les débris de vie quotidienne, dont ils sont entourés en permanence, en œuvre, pas même en esquisse. Les épaves sont encombrantes. Pour s’en dégager, il faut attendre le milieu de la nuit, ou chercher un lieu idoine, s’isoler du monde afin de reconstruire ce même monde, mais à leur propre rythme, selon leur propre vision. La littérature est une affaire de répétition, de thèmes, personnages et motifs constamment revus, réinterprétés, recadrés. Des choses qui ne meurent jamais en revenant constamment. Pour les deux écrivains, l’immortalité semble se trouver dans cette éternité cyclique, dans ce retour malheureusement perturbé. Pour l’empereur Huangdi, en revanche, l’immortalité est un désir comme un autre. Le héros de la troisième nouvelle peut tout s’offrir : des remèdes coûteux, une expédition encore plus coûteuse vers les rivages japonais, ces légendaires « îles des immortels ». Rien n’y fait. Huangdi sait que l’immortalité lui échappe, à plus ou moins longue échéance. Alors, il décide de simuler sa propre mort et d’organiser son propre mausolée avec des centaines de soldats en terre cuite et de nombreux pièges à l’adresse des voleurs et des curieux. Il regarde sa propre succession, sa propre disparition depuis la lucarne de son nouvel anonymat, toujours pas immortel mais beaucoup plus libre. Huangdi aura désormais tout son temps pour devenir un observateur paisible au lieu d’un acteur en danger, et, comme le protagoniste d’une célèbre nouvelle de Borges, il lui faudra se battre contre l’ennui lié à l’éternité…

La dernière nouvelle, intitulée Le Mur de Planck, évoque la frustration d’un physicien français qui, au cours de ses visites au Japon, n’a jamais pu voir le Mont Fuji. Peu à peu, le lecteur découvrira que le volcan est un motif récurrent, balise annonçant d’autres rendez-vous manqués. Comme le visage de l’actrice Mariko Okada, comme les souvenirs d’une ancienne rivalité ou les nuits passés à chercher sur internet la trace d’une femme jadis aimée. Ce sont encore des pièces éparpillées. Le volcan n’existerait-il que dans le domaine de l’art –peinture ou cinéma-, où les artistes auraient offert l’immortalité à un objet rêvé? L’immortalité d’un mensonge ou celle d’un souvenir, après celles de la littérature et de l’histoire, offre un troisième regard –ironique ?- sur un thème jamais épuisé.  

   Eric Faye. Devenir immortel, et puis mourir, José Corti, 2012


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28/09/2012

Le Royaume de Rücken

À propos de Le Royaume de Rücken, de Dominique Pagnier

 

Personne ne semble échapper au Royaume de Rücken. Ni Wolfgang l’enfant prodige, ni son père Léopold, ni ceux qui, comme la jeune Marie-Antoinette, ont vécu toute une vie enfantine dans un monde en carton-pâte, un univers miniature paré des artifices les plus charmants : des jardins, des théâtres, des montgolfières, des boîtes à musique et des oiseaux chanteurs. Il possède une langue propre et des symboles indéchiffrables. Un domaine du merveilleux et de l’étrange qui, dans les régions allemandes et autrichiennes du XVIIIe siècle, reflétait la mosaïque de minuscules entités politiques : principautés, duchés, évêchés ou électorats. Un royaume fait de curiosité baroque, de fragilité chatoyante et de possibilités infinies, et qui finit invariablement par disparaître, parce qu’il ne peut être conservé dans une capsule de verre, comme les objets pieux d’autrefois. Artificiel, certainement, mais doté d’une cohérence esthétique indéniable. Aussi, parce qu’il est remplacé, à l’âge adulte, par le pays de « Vorne », par des rêves plus réalistes  -mais plus trompeurs et convenus-, qui ont le pouvoir d’exciter l’imagination tout en faisant oublier la nostalgie. L’empreinte du pays de Rücken demeure pourtant.

Néanmoins, si la reine pouvait  reconstituer le monde de ses rêves à l’échelle 1 :1 au Petit Trianon, il en va tout autrement pour Wolfgang et Léopold. L’enfant surdoué devenu adulte part pour Mannheim, ensuite, ce sera Paris, puis Vienne. Les contacts entre Wolfgang et son père se font rares et c’est davantage ce dernier qui continue de regretter les mirages du monde simple et prometteur de l’enfance, une époque ne connaissant ni les déceptions ni la peur de l’endettement. On assiste à des reproches épistolaires et à un amour paternel presque relégué aux oubliettes,  qui n’a plus l’occasion de s’exprimer dans la préparation des voyages ou la révision des partitions. Ce récit n’est pas une biographie de Mozart, ni de son père, mais une description du monde qui les entourait, de leur champ magnétique représenté par des jouets, des ballons ou des instruments scientifiques, par les mots issus du dialecte bavarois, par les coutumes d’un temps révolu, et par leur façon, enfin, de vivre la musique tout naturellement. Le narrateur évoque ainsi des berceuses et des opéras, le Jodel et le chant des oiseaux, la musique comme carrière et comme vocation, mais également comme atmosphère quotidienne.

 

Dominique Pagnier, Le Royaume de Rücken, Gallimard ‘L’un et l’autre’, 2012 [SUITE]

16/09/2012

Villes illusoires

À propos de La Ciutat invisible, de Emili Rosales

 

À la llarga he sabut que només existeix el que es perd, siguin ciutats, amors o pares

 

C’est une histoire de portes entrouvertes, de cachettes et de souvenirs presque enfouis, d’une quête qui n’arrive jamais à démarrer vraiment, malgré le nombre croissant de mystères qui s’abattent sur le protagoniste ce  roman catalan, le pauvre Emili Rossell qui ne demandait pas autant. Celui-ci a cependant mieux à faire que de  plonger dans la poussière de l’histoire pour chercher l’identité de son père, ou les traces de la ville invisible -étrange univers de ses jeux d’enfant- ou même un Tiepolo disparu il y a plusieurs siècles. Le passé ne l’intéresse pas. Il se dérobe à sa propre curiosité et à celle de ses amis, afin de continuer à mener la vie qui lui plaît dans sa galerie d’art de Barcelone.  Jusqu’au jour où les ruines de la ville invisible, un projet oublié du règne de Charles III, reviennent le hanter par le biais des mémoires d’un architecte toscan XVIIIe siècle, Andrea Rosselli, qui aurait travaillé à la conception d’une ville nouvelle dans le delta de l’Èbre, -Sant Carles de la Ràpita- sur le modèle de Sant Petersburg. Le récit de Rosselli permettra à Rossell de comprendre les origines du projet et les causes de son abandon. La nostalgie du roi qui regrettait toujours le Naples qu’il avait dû quitter pour des raisons dynastiques, et qui rêvait de transformer, grâce aux architectes italiens, les villes du pays pauvre  reçu en héritage, en exemples de beauté néoclassique. Rosselli devra se rendre à la cour de Russie, puis dans la région où Sant Carles doit être bâtie, mais en pure perte ; crises économiques, changements de ministres et intrigues courtisanes auront raison des plus beaux rêves architecturaux. Mais les ruines resteront là, mettant en parallèle les parcours des deux personnages qui partagent, à deux siècles de distance, une même qualité : la mise en retrait de ceux dont les illusions ne se sont pas tout à fait évanouies, mais qui préfèrent autant ne pas les explorer ou les interroger, les laissant plutôt glisser vers les territoires du rêve. Le passé est ici regardé avec scepticisme, avec une distanciation parsemée d’humour lorsqu’il s’agit d’évoquer des projets incongrus ou démesurés, qu’ils soient anciens ou actuels, que leur but soit la protection de l’environnement ou la construction d’une cité ex-nihilo. On devine que la ville invisible continuera de jouer le rôle de lieu indéchiffrable, cadre propice aux premiers amours et autres jardins secrets. [SUITE]

14/08/2012

Frontières invisibles

 


A propos de
Ici comme ailleurs, de Lee Seung-U et d’autres passionnantes futilités.

La petite ville de Sori nous est présentée comme un lieu oublié du reste du monde ; ancienne station thermale, c’est aussi lieu d’exil, qu’une géographie particulière prédispose à l’isolement. Et c’est là que le malheureux Yu débarque après avoir été muté par son entreprise, de façon arbitraire, pour développer un projet immobilier. Laissant femme et problèmes quotidiens à Séoul, Yu décide d’obéir, mais se trouve rapidement confronté à un microcosme hostile : son bureau est introuvable et il subit une série des agressions  –une femme vole son portefeuille, des jeunes marginaux détruisent sa voiture, il est agressé dans un bar…-, Certains lui conseillent de repartir à Séoul, d’autant plus que le prédécesseur de Yu au même poste semble avoir disparu.

Mais Yu s’entête à y rester, ne serait-ce que pour obéir au mandat de son entreprise, ou, parce que, dépossédé de son argent et de ses papiers, il ne sait plus où aller, et surtout parce que Sori lui pose des questions essentielles auxquelles il voudrait répondre. Quel est le sens de la lumière que certains voient dans la montagne voisine ? Qui est le vieil homme qui construit des maisons éternelles à l’intérieur des grottes ? Pourquoi la ville semble quasiment abandonnée ? Pourquoi ces gens l’agressent-ils en toute impunité alors que d’autres tentent de le mettre en garde discrètement ? Les gens de Sori obéissent à une loi du silence dont Yu ignore l’origine, comme il ignore le sens des autres règles qui s’appliquent dans la ville. Tout lui est étranger.

Il continue cependant sa quête improbable, dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler -de loin- l’esthétique du western, avec des rues désertes, du vent qui soulève de la poussière, et des gens qui se terrent comme s’ils attendaient l’arrivée de celui qui va leur apporter la justice. Divine ? Probablement, car le roman de Lee Seung-U est traversé par des récits bibliques –l’auteur est d’ailleurs diplômé en théologie-, et la suite développe à la fois le thème du châtiment et celui de la fragilité inattendue des tout-puissants. Mais il y a également d’autres sources littéraires occidentales que l’on peut découvrir dans Ici comme Ailleurs : Camus, dont certaines œuvres sont citées explicitement, et bien entendu Kafka. Sori fait penser au Château, où l’arpenteur K. essaie dans succès d’entrer en contact avec les autorités du village qui est censé l’employer. On y retrouve le même délitement des règles, la même étrangeté dans l’atmosphère, et les mêmes frontières invisibles, comme s’il y avait quelque subtilité qui échapperait sans cesse au protagoniste perplexe ou démuni, quelque clé pour comprendre un monde dont le fonctionnement semble au départ absurde. [SUITE]

 

23/07/2012

Lectures d’été : Le Métronome, Le Goût de Tokyo

Cet obstacle franchi, on entre dans le passé. Un escalier noir glisse par degrés dans les profondeurs de l’antique carrière. En descendant les marches, on croit remonter les siècles !

Je continue de m’intéresser aux livres qui évoquent le passé et le présent des villes, parfois simultanément et sans que la nécessaire complexité de la recherche historique nous enlève le goût de la promenade et l’envie de croiser le petit détail qui était là, juste sous nos yeux depuis des siècles. C’est ainsi que la forme originale du Métronome de Lorànt Deutsch me paraît particulièrement bien choisie. Le principe est d’ailleurs assez simple : un voyage à travers les stations de métro de Paris devient le point de départ d’épisodes importants de l’histoire de la ville. À chaque station correspond un fragment du passé, qu’il soit gallo-romain ou franc, médiéval ou moderne. De cette manière, on découvre, entre autres, que la première cathédrale de Paris se trouve cachée sous un parking, surmonté à son tour par une copropriété, que la station de Saint-Martin, fermée depuis 1939 sert de lieu d’accueil pour sans-abri pendant les grands froids, que le dernier cachot de la Bastille était devenu la cave d’un bistrot, remplacé depuis par un restaurant coréen… Les différents visages de Paris apparaissent et disparaissent au coin des rues, les différentes strates de ruines s’empilent, se mélangent ou s’écroulent, on construit et on démolit, car la ville croît toujours sur un même socle ancien, se développant avec un mouvement centrifuge, et l’architecture est un bon fil pour nous guider dans le labyrinthe de l’histoire. Du souvenir de Sainte Geneviève aux improbables héritiers mérovingiens, des transformations successives du Louvre aux ignobles saccages de la Révolution et de la Terreur,  des théâtres du XVIIe siècle, au « boulevard du Crime », des donjons moyenâgeux à l’architecture contemporaine, Paris est une ville-récit qui permet de nombreuses lectures. [SUITE]

29/06/2012

Le Condottière

Une manière comme un autre de se casser la gueule 

C’est  tout un mystère, sous forme de roman inédit trouvé, comme il se doit, dans une vieille valise, que ce Condottière qui se cache et se dévoile, illustrant les thèmes du mensonge et de l’autodestruction. Dans ce récit de 1960, que Georges Perec considérait comme son premier roman abouti, apparaît pour la première fois le personnage de Gaspard Winckler, le même qui, dans La Vie mode d’emploi, fabrique des puzzles à partir des aquarelles peintes par Bartlebooth, objets destinés ensuite à être reconstruits, et lavés pour obtenir de nouveau des feuilles blanches. L’œuvre façonnée et détruite en même temps. Le contrôle absolu que l’on sait être une chimère. Dans Le Condottière, cette illusion de la maîtrise, de soi et de l’œuvre, éclate dans un long questionnement à propos d’un échec : celui de Gaspard Winckler, qui ne parvient pas à exécuter une copie du Condottière d’Antonello da Messina. Le faussaire expérimenté qu’est devenu Winckler se révèle incapable de réaliser autre chose qu’un pastiche, ou alors un autre tableau. La technique ne suffit pas, car, « pour peindre un condottière, il faut regarder dans la même direction que lui ». Il faut être Antonello da Messine pour peindre comme Antonello da Messina. Le faux impliquant une reconstitution de l’œuvre à l’envers, c’est-à-dire sans le contexte de sa création, la table rase devient la pente glissante qui conduit Winckler dans une cave, où, après avoir tué Madera –le commanditaire du faux tableau-, il se trouve dans un cul-de-sac, hésitant entre la fuite en avant et le retour vers le passé. [SUITE]