16/06/2012

Degas et le nu

 

Corps opalescents

Il ne reste guère de temps, à peine deux semaines, pour voir l’exposition consacrée au nu chez Degas au Musée d’Orsay, à Paris, organisée en binôme avec le  Museum of Fine Arts de Boston. L’ayant visitée l’autre jour par un heureux hasard, elle m’attirait par les nuances que l’artiste a pu imprimer au sujet le plus classique, considéré depuis toujours comme un exercice de style, souvent enfermé dans des codes mythologiques ; autrefois la nudité apparaissait  sophistiquée et souvent parée de bijoux et de voiles, c’était une déesse ou nymphe surgissant d’un fond sombre ou d’un jardin idéalisé. Ici, le nu est en revanche inscrit dans un cadre quotidien, baigné de lueurs opalescentes, et les endroits privilégiés sont le lit et le bain. Ces 170 œuvres, incluant des peintures, sculptures, estampes ou dessins, mais également quelques tableaux d’autres peintres où l’influence de Degas est perceptible, montrent le caractère original d’un sujet que l’artiste a exploré pendant des décennies dans d’innombrables expérimentations techniques, évoluant vers un certain naturalisme au fil du temps. Aussi, la fin des années 1870, Edgar Degas réalisa également une série de monotypes évoquant l’ambiance des maisons closes, où l’on trouve déjà sa manière d’interpréter le nu : une scène d’intérieur, des femmes seules, plus rarement à deux, se baignent ou peignent leurs cheveux.   Mais le plus intéressant de cette mise en perspective de toute une œuvre est, à mon avis, la réitération des attitudes et des mouvements des corps. [SUITE]

 

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18:16 | Tags : art | Lien permanent | Commentaires (0)

11/03/2012

Dépaysement

Je viens de visiter l'exposition dédiée aux Américains à Florence, qui se tient actuellement au Palais Strozzi*. À côté d'oeuvres très connues, comme le portrait de Henry James par John Singer Sargent, on peut y retrouver un vaste aperçu des tendances artistiques de la fin du XIXe siècle dans le regard de peintres venus de États-Unis comme Mary Cassatt, William Merritt Chase, Ernestine Fabbri ou Lilla Cabot Perry, parmi d'autres. L'exposition met en évidence la densité des liens que ces artistes entretenaient avec l'Europe, et notamment avec l'Italie. La figure du voyageur cosmopolite, typique des romans d'Edith Wharton et Henry James se déploie ici, enrichie de toutes le nuances apportées par le dépaysement. Leur Florence, et leur campagne toscane a effectivement été une chambre avec vue sur l'art du passé, ancien et récent, où se croisent les échos de la Renaissance et les clartés impressionnistes, mais aussi les contrastes entre l'ancien et le nouveau monde. Les peintres américains développaient ainsi un style qui leur était propre,  perméable aux traditions et curieux des nouveautés. [SUITE]