16/02/2012

Acclimatation

Tout récit de voyage est une histoire, réussie ou pas, d’acclimatation. Cette expression est issue de climat et se répand aux XVIIIe et XIXe siècles, à l’époque où les premiers jardins d’acclimatation, destinés à la culture et à l’adaptation de plantes et animaux exotiques ont été créés. Le résultat de l’acclimatation, c’est l’acclimatement. Selon Littré : « L'acclimatement résulte d'une modification plus ou moins profonde produite dans le corps par un séjour prolongé en un climat qui diffère notablement de celui où l'on a vécu. Plus la différence des deux climats est grande, plus l'acclimatement est difficile ». Voyager ne signifie pas nécessairement s’acclimater ;  cela dépend du hasard des rencontres et de ceux de la route choisie, et les voyageurs du XIXe siècle emportaient souvent avec eux de lourds bagages culturels, artistiques ou mythologiques. Mais, parmi ces voyages, il y a aussi des acclimatations partielles, des portes entrouvertes sur une vision poétique au milieu d’un monde bien réel.

Le Voyage en Orient de Gérard de Nerval laisse apparaître tous les aspects paradoxaux de l’acclimatation lorsque, par exemple, le poète s’installe au Caire en se mêlant à la foule, en s’habillant comme les gens du cru, en décidant d’apprendre l’arabe et de comprendre les mœurs de ces gens qui le fascinent. L’époque de son voyage est l’âge d’or des peintres orientalistes, qui exploitent un imaginaire féerique et sensuel associé aux rives orientales de la Méditerranée. [SUITE]